Nous remercions Mistur de nous avoir permis l’utilisation de ses photos pour illustrer ce live-report.

Suite à la sortie de son dernier album à la toute fin du mois d?août dernier, Dionysos a enchaîné les dates, dans des salles de plus en plus grandes, les 3/4 du temps à guichet fermé. C?était encore le cas pour ces deux dates à l?Olympia et nous étions de la partie sur le premier épisode, 13 mars 2006.

Avec le succès, le groupe a élargi son public. Un bien car il est toujours agréable d?observer une foule adhérer à la musique et au travail d?un groupe de qualité. Dans le même temps, on commence à voir apparaître un ballet de ?bas du front? qui n?apprécient pas autant que cela la musique et ne respectent pas le travail des autres.

Difficile de percevoir dans ce brouhaha les chansons de Julie B. Bonnie qui poursuit sa carrière sans ses Cornu. L?ensemble paraît amusant quoiqu?un peu mièvre sur la longueur, mais étant données les conditions d?écoute, nous n?emettrons aucun avis définitif. Elle n?a pas d?ailleurs pas eu vraiment à en pâtir, les mêmes individus beuglant à tout rompre à chaque fin de chanson comme pour s?excuser de n?avoir rien écouté…

Comme tout le monde était donc là pour le groupe originaire de Valence, la salle tremble et fait un accueil des plus chaleureux dès l?instant où Mathias et ses sbires posent le pied dans la forêt magique qui a poussé sur scène pendant la nuit. Autour d?eux, la musique qu?a composé Danny Elfman pour le « Edward aux Mains d?Argent » de Tim Burton, résonne encore.

C?est alors l?ombre du Géant Jack qui flottera pendant presque deux heures, bienveillante au-dessus de cette joyeuse bande, follement énergique, au rock souvent teigneux malgré les jolis costumes, direct même si alambiqué. C?est qu?ils sont finalement assez punk dans l?âme, ces monstres amoureux. Si sur disque, le bonhomme est attachant, c?est bien sur scène qu?il prend toute son ampleur.

Malzieu, parce que c?est le plus démonstratif, captive le public. Le poste de monsieur 100.000 volts est effectivement à pourvoir et celui-ci pourrait sans aucun doute y prétendre. Cabrioles, sauts, voix accrocheuse, le public s?agite, parfois un peu trop à son goût, mais Mathias le maîtrise parfaitement, jouant entre humour et séduction? Il s?y jette à corps perdu (au sens propre comme au sens figuré), se fait hisser jusqu?au balcon. Le spectacle est total.

À côté de toute cette agitation fort récréative, Dionysos n?en oublie pas pour autant ses chansons. « Monsters in Love » est joué dans les grandes lignes et remanié comme c?est désormais la tradition. Réarrangé, transformé pour les besoins de la scène, le groupe multiplie les instruments, comme s?ils sortaient d?un chapeau. La Métamorphose de Mister Chat, Tes lacets sont des fées, L?Homme qui pondait des ?ufs, Old Child sans les Kills, etc., et puis quelques vieilles petites choses comme Song For Jedi, Don Diego 2000 ou Mac Enroe?s Poetry.

La foule reprend en ch?ur et semble comblée. Petite surprise en rappel : Julie B Bonnie revient sur scène en compagnie de Joann Sfar, auteur de bandes dessinées (Grand & Petit Vampire, Le Chat du Rabbin, Donjon?) à l?origine des derniers visuels de Dionysos, ami de Mathias et joueur de ukulélé pour une reprise d?un morceau de country que l?on croise a priori dans « O? Brother ».

Tout cela est parfait. Les grands comme les petits rentrent chez eux, les yeux remplis d?étoiles électriques, les oreilles émerveillées par ce rock à bricolages et soubresauts. Ils s?endormiront heureux en repensant, les paupières closes, à la danse des feux-follets?

Chroniqueur
  • Publication 109 vues13 mars 2006
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