On a aussi écouté Baston – Primates

Voici le retour de Baston, quatre ans après la sortie d’un premier EP déployant un krautrock littéraire et hypnotique. Une musique enrichie par une forte inclination pop et un profond sens de la mélodie.

Sorcier d’un son réverbéré et dense, le mur sonore de My Bloody Valentine n’est pas si loin, Baston a pris le temps de composer « Primates » et de pousser plus loin ses obsessions. La musique a gagné en puissance formelle, comme en finesse. La fameuse « motorik pop » est plus pertinente et paradoxale que jamais. Froide et bouillante, robotique et sensible, entraînante et cérébrale, la musique de Baston est un oxymore magnifique.

La filiation post-punk est évidente, mais avec « Primates », Baston se rapproche furieusement des fulgurances de Toy, probablement l’un des meilleurs groupes britanniques. Portant la cold vers des rives plus complexes, Baston brille par sa subtilité et son intelligence.

Le timbre glaçant de la voix de Maxime Derrien se mêle aux remarquables mélodies et rythmiques puissantes ou ralenties. Les chansons, de rageuses et violemment belles, deviennent alors plus réfléchies et planantes.

La dimension martiale, propre au post-rock, ne sombre pas davantage dans la caricature, en ne départissant pas de ce fameux « umour » noir – il faut écouter « Viande » pour s’en convaincre ! -, que l’écrivain Jacques Vaché a si mystérieusement théorisé.

 

 

 

Yan
Chroniqueur
Baston - Primates