On a aussi écouté Blood Orange – Freetown Sound

Dev Hynes est certainement un artiste intéressant et singulier. Sur les meilleurs moments de cet album, il propose un kaléidoscope de styles et d’influences très marqué par les années 80 et qui dégage un véritable charme. Il y a alors à la fois de l’écriture et de l’émotion (Augustine, But You, Hands Up) et l’on perçoit alors à quel point Hynes peut proposer une réelle personnalité musicale. Il faut aussi reconnaître que le travail de production sur « Freetown Sound » est de qualité, le son est ample et riche. La question principale que l’on se pose au terme d’une fastidieuse écoute demeure pourtant assez sévère : pourquoi diable imposer un album aussi long ? L’accumulation de morceaux dispensables et d’intermèdes sans relief décourage l’auditeur. A partir de la moitié de l’album, la succession de refrains susurrés d’une voix de fausset et rehaussés d’une dose généreuse de vocalises R&B réverbérées finissent par porter sur les nerfs. Avec un bon tiers de moins, « Freetown Sound », à défaut de tutoyer les sommets, aurait aisément pu évoluer en s’extirpant de la masse, un défi malheureusement raté ici.

Chroniqueur
Blood Orange - Freetown Sound