On a aussi écouté Elysian Fields – Pink Air

La force de l’Amérique est dans sa capacité, jusqu’alors jamais pris en défaut, de se transcender et d’écrire l’avenir, plutôt que de le subir. Qu’un président fou s’empare du pouvoir, aussitôt la société civile meurtrie se cabre et redouble de créativité. Comme pour démontrer que l’art, son élan vital, est définitivement supérieur aux jeux politiciens.

“Pink Air” nouvel album des new yorkais Elysian Fields illustre à merveille cette dynamique inouïe. Sommet d’une discographie pourtant déjà d’une invraisemblable qualité, ce disque est traversé par une énergie tantôt désespérée tantôt mordante. S’il ne s’éloigne pas d’un son souvent qualifié de “rock noir” et sensuel, il élargit encore la palette musicale du groupe. Il se fait plus abrasif, plus brutal. Comme pour mieux dénoncer et surtout conjurer les menaces nombreuses et colères que les États-Unis, le monde en général, vivent et ressentent.

“Pink Air” est ainsi nettement moins enclin à se promener dans un jazz envoûtant et classieux. Préférant enfourcher un rock rêche  et brûlant. Fidèle à sa démarche Jennifer Charles délivre  des paroles politiques et conscientes mais également intimes, comme pour souligner que les paysages intérieurs sont souvent plus précieux que le chaos du dehors. Elle raconte l’existence et brosse  le portrait, ironique et attachant, de personnages à la manière d’une écrivaine.

“Pink Air” est sans conteste un immense album de rock, propulsant le groupe aux côtés, notamment, du légendaire Velvet Underground.

Yan
Chroniqueur