On a aussi écouté Eryk.e – Alaska

Alaska“, le deuxième album d’Eryk.e, est au carrefour de la chanson réaliste et du jazz. Pourtant ce que l’on écoute demeure indéfinissable. C’est un territoire en suspension porté par des musiques bien plus sophistiquées qu’il n’y paraît. Des mélodies vaporeuses, inquiétantes, qui s’enroulent et emportent doucement. Il y a quelque chose de fantomatique, de brumeux dans ces chansons comme des films en miniature qui déroulent des histoires sombres ou évocatrices. On pourrait écrire impressionnistes.

La voix d’Eryk.e, entourée par des chants comme des complaintes, nous accueillent et hypnotisent. Un piano, des claviers, des guitares électriques, des cuivres et une batterie font apparaître des mondes mouvants et émouvants. Un groove tenace mais discret soulève les chansons et les conduisent vers une poésie noire, flirtant avec le phrasé d’un Edgar Allan Poe, ou la déglingue d’un Tom Waits. Sauf qu’ici tout est terriblement et simplement souligné. Dans sa réalité la plus crue. La mort, la solitude, les ruptures, le temps et ses ombres.

“Alaska” est, à sa manière bien singulière, un disque important, qui transcende les genres musicaux, osant ouvrir des portes qui parfois donnent sur des paysages douloureux mais nécessaires. Un disque qui fait honneur à la pop, au rock, au jazz, à la chanson française traditionnelle, créant un style, une authentique et magnifique signature.

Yan
Chroniqueur
Eryk.e - Alaska