On a aussi écouté Intratextures – Les Rivages Barbelés

Etrange musique que celle proposée par Intratextures. Etrange et perturbante. Car elle résonne en ces temps troublés et paradoxaux d’une manière particulièrement forte. Ces longues tonalités maintenues, répétées nous parle d’un monde qui s’effondre et d’un autre qui apparaît, forcément dans la douleur.

On pense fortement à La Monte Young à l’écoute de ces « Rivages Barbelés ». A Eliane Radigue également. Car Intratextures a cette exigence-là, celle des plus grands compositeurs d’une musique radicale mais tellement nécessaire. Derrière ce mur du son, minimaliste en apparence, se cache une infinité de variations, un peu comme dans les toiles de Soulages, où l’uniformité du noir dissimule un monde de nuances et de détails infimes.

Tectonique de l’âme, la musique d’Intratextures nous entraîne dans sa noirceur et nous délivre en même temps les clefs pour en sortir. Démarche éminemment cathartique, « Les Rivages Barbelés » ont la densité de l’Enfer de Dante. On les parcourt à la fois effrayé et fasciné. Certain d’être au cœur de la souffrance la plus extrême, et porté par cette force, sombre mais évidente, qui gronde et transcende toutes les compositions.

La musique électronique d’Intratextures est d’une densité rare, noire comme la nuit la plus profonde, mais terriblement inspirante.
 

Yan
Chroniqueur
Intratextures - Les Rivages Barbelés