On a aussi écouté Pikku – 5.3.2.1

Pikku, avec son premier album, se positionne d’emblée aux côtés des magiciens islandais, qui de Sigur Ros à Emiliana Torrini, ont développé un son si particulier. Onirique et miraculeusement pop. Pikku n’est pourtant pas islandaise, mais d’origine polonaise. Connectée aux éléments, aux paysages comme aux songes, dont elle semble tirer une énergie poétique sans limite, elle compose des chansons d’une étrangeté fulgurante et d’une beauté gracile.

Il faut pourtant oublier très vite les références pesantes pour s’immerger totalement dans l’univers que Pikku construit. Un univers vertigineux, jouissif, déconcertant, original et, au final, totalement enthousiasmant.

D’une voix insensée, que l’on qualifiera par facilité de cristalline, mais d’une folle élasticité, elle chante  en plusieurs langues – anglais, français, polonais, japonais. Une voix qui se pose sur les précipités d’une dream pop qui aurait déraillé, furieusement inventive, gorgée d’orchestrations classiques, de dérapages électro et de rythmiques puissantes.

L’immense valeur du disque réside dans sa force d’évocation. Toujours aux limites du songe et du mauvais rêve, de la douceur féérique et d’un réalisme nettement plus sombre. Ce que l’on devine à travers ces onze chansons c’est la force créatrice inouïe d’une artiste exceptionnelle. Absolument hors-norme.

 

Yan
Chroniqueur
Pikku - 5.3.2.1