On a aussi écouté Thibault Eskalt – A La Fin

Revendiquant l’influence de Bon Iver, ou de la musique islandaise, Thibault Eskalt, avec « A La Fin », présente un EP empreint d’une étrange beauté. On pourrait rester sur le bord d’une musique, qui se revèle finalement bien plus originale qu’attendue. On est emporté par la mélancolie traversante, la froideur ambiguë de ces chansons qui prennent, au fil du disque, une épaisseur étonnante.

Il y  a entre « Quelqu’un Qui M’entend », sa vraie-fausse simplicité, et « Entre Nous C’est Mort », comme un voyage. Un cheminement, d’une certaine facilité apparente vers un univers autrement plus complexe. On devine alors l’intention « sonique » de Thibault Eskalt, à la recherche flagrante d’un son aérien et glacial. Un fil musical, d’une grande élégance, que l’on emprunte suspendu au-dessus du vide.

Ce vide et ce vertige si souvent ressentis au cours d’une existence. Des sensations superbement explorées par une musique toute en inquiétude et grâce. L’extrême précision et le soin apporté aux moindres détails y sont impressionnants. Mais ce perfectionnisme ne prive pas les chansons de leur puissance émotionnelle. « A la Fin » est un magnifique EP, dont la triste lumière rasante est aussi belle que séduisante. Et qui rappelle furieusement la ligne de vie d’un certain Christophe.

 

Yan
Chroniqueur
Thibault Eskalt - A La Fin