Autoprod : la sélection de janvier

The Ankers, ce sont au départ deux frères australiens fraîchement débarqués à Paris, qui ont formé à leur arrivée un quartet se revendiquant de Kasabian, d’Arcade Fire et des Beatles. Avec leur premier EP de 5 titres sorti en octobre, The Ankers proposent du bon vieuxrock’n’roll sauce sixties / seventies. On y retrouve l’odeur d’Haight Ashbury (guitare hurlante de Take the Thrown, errances psychédéliques de I feel like a terrorist ), mais avec la rugosité d’une génération qui a connu le grunge. Riffs efficaces, superpositions de voix éthérées, leurs compositions ont tout pour devenir de vrais petits tubes pop rock, à l’image deLock me in a Room et Money Riff. A découvrir le 31 janvier au Baron !

Du côté de Rouen, on se demanderait si la proximité avec la Manche ne forcerait pas l’influence de la perfide Albion… C’est ce que semble prouver le quartet Newblast, avec sa grandiloquence mi-Queen mi-Pink Floyd. Références music-hall (Lina), solos gras façon Rock FM (Wasting Time), basse slapée et riffs funky-métal à la RATM (Fear), envolées symphoniques (Spaces of Beauty) : dans ce dialogue résolument original entre piano, guitare, et batterie, porté par une voix qui traque les hauteurs, le rock progressif est entendu non comme une avalanche sonore, mais comme un savant mélange dans lequel la mélodie prime avant tout. Un excellent premier album de 11 titres sorti en décembre, à découvrir sur les plateformes de téléchargement.

On les avait découvert sur Noomiz avec un titre jubilatoire, Smell like Vanilla Ice, qui réutilisait le sample de Nirvana pour en faire un track boosté à l’adrénaline. Avec leur premier album, « Sweet Sweat Songs from the Basement » (qui date de 2008, le deuxième est en préparation), le quartet lillois Ace Out confirme nos premières impressions avec un melting pot d’influences rentre-dedans (métal, hip-hop, pop rock), le tout passé à la moulinette festive. Leurs compositions synthétisent différentes modes de tradition française, entre Mass Hysteria (pour les guitares heavy), Naïve New Beaters (pour l’énergie et le phrasé rap), et Pony Pony Run Run (pour les vocalises aigues et le côté club). Toujours non signé, le groupe a à son actif quelques centaines de concerts depuis 2002, parmi lesquels le Zénith de Lille, le Main Square d’Arras (en remplacement de Tellier en 2009 !), et une victoire du tremplin Sziget 2010. Avis aux headbangers, ils seront au Scopitone le 04 février !

Pour le coup de cœur du mois, place à Green Vaughan, duo lillois composé d’un chanteur et d’un guitariste / bidouilleur de machines. Avec leur premier EP de 4 titres, ils distillent un électro-rock funky très dans l’air du temps, mais extrêmement original comparé à une production ambiante souvent pauvre en recherche sonore. Ici, déconstruction de la mélodie et irruption de bruits amènent à une sorte de magnifique chaos organisé qui donne tous les avantages àGreen Vaughan pour se démarquer de ses pairs. Beats incisifs, voix rock écorchée, riffs breakés et dopés à la vitamine, le tout enrobé par un son sauvage et pourtant très travaillé :Green Vaughan fait mouche à chaque titre, tant pour les mélomanes que pour les amateurs de kicks. Après quelques concerts et une sélection par la Marmite (qui leur a notamment valu une programmation aux dernières Trans Musicales), le groupe commence à faire de parler de lui… Et ça devrait continuer sur cette voie, notamment avec la Maroquinerie le 28 janvier, concert pour lequel vous pouvez gagner vos places ici.

Chroniqueur