Artificial Animals Riding on Neverland


Un album de sorti en chez .

Avec sa pochette intrigante (on y voit une sirène au corps androgyne échouée sur une falaise), et ses ambiances inquiétantes, AaRON porte suffisamment de mystère pour donner envie à l’auditeur de gratter la surface d’un monde faussement lisse et de s’aventurer dans un paysage sonore à la fois rassurant et surprenant.   Duo de beaux […]

Avec sa pochette intrigante (on y voit une sirène au corps androgyne échouée sur une falaise), et ses ambiances inquiétantes, AaRON porte suffisamment de mystère pour donner envie à l’auditeur de gratter la surface d’un monde faussement lisse et de s’aventurer dans un paysage sonore à la fois rassurant et surprenant.
 
Duo de beaux gosses à l’allure de poètes romantiques tourmentés, AaRON a tous les ingrédients du succès : une pochette qui attire l’œil, des chansons bien construites qui tiennent la route, un chanteur à la voix caméléon très dans l’air du temps, qui a su garder le meilleur des sonorités de la pop actuelle (tantôt Coldplay, tantôt Idaho, tantôt Archive), des arrangements originaux, et un tube : U-Turn (Lili).
 
Tandis qu’Olivier crée des atmosphères un peu froides teintées d‘électronique, Simon pose sa voix grave et légèrement éraillée, effet garanti (Lost Highway, Angel Dust ou Beautiful Scar) ! Et lorsqu’il offre sa voix sans artifice, en anglais (Mister K et Little Love) ou en français (Le Tunnel d’or), on obtient de beaux résultats. AaRON aime s’essayer à divers styles musicaux et il est parfois amusant de trouver les similitudes avec des titres bien connus. O-Song et ses paroles scandées de manière saccadée n’est pas sans rappeler un certain Idiotheque de Radiohead tandis que War Flag va plus chercher du côté de F*** You d’Archive.

La reprise du poignant Strange Fruit de Billie Holiday, précédemment reprise par Jeff Buckley, une influence certaine, ne convainc pas pourtant. On se dit que le chanteur a trop tendance à sombrer dans le pathos et que toute l’émotion qui aurait pu se dégager est réduite à néant , dommage, l’intention y était.
 
Chez AaRON le cinéma n’est jamais loin, ainsi il n’est pas étonnant de trouver un morceau intitulé Lost Highway. En outre, c’est un film qui les a fait connaître au public: ‘’Je vais bien, ne t’en fais pas’’ a permis à U-Turn (Lili) de se hisser à la première place des ventes de chansons en téléchargement. Simon, acteur de première profession, y fait même une brève apparition dans le rôle d’un musicien. Hasard ou coïncidence?

Le disque se termine sur un titre des plus dépouillés, Last Night Thoughts, qui fait la part belle à une voix plaintive, et nous laisse à la limite de l’extase et de l’agacement. L’effet AaRON a opéré, on a été séduit à notre insu par cette musique qui, sans etre d’une originalité folle s’écoute sans résistance. Mais que la critique soit positive ou négative, avec AaRON on n’aura jamais le dernier mot car telle est leur devise : "Don’t care what people say, I’m dreamin’ louder every day…"

Kim
Chroniqueur
  • Publication 299 vues15 février 2007
  • Tags AaRONDiscograph
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Tracklist

  1. Endless Song
  2. U-Turn (Lili)
  3. O-Song
  4. Mister K.
  5. Blow
  6. Beautiful Scar
  7. Strange Fruit
  8. Angel Dust
  9. War Flag
  10. Lost Highway
  11. Le tunnel d'or
  12. Little Love
  13. Last Night Thoughts

La disco de AaRON