Lower Than Fi


Un album de sorti en chez .

Je ne le cache pas, c’est toujours avec impatience que je pose les nouvelles livraisons du collectif JauneOrange dans ma platine. J’avais déjà été plus qu’enchanté par la première compilation de ce collectif liégeois ainsi que par le CD live des « post-rockers silenceux » de Tom Sweetlove. Ce EP d’Airport City Express ne fait pas exception. […]

Je ne le cache pas, c’est toujours avec impatience que je pose les nouvelles livraisons du collectif JauneOrange dans ma platine. J’avais déjà été plus qu’enchanté par la première compilation de ce collectif liégeois ainsi que par le CD live des « post-rockers silenceux » de Tom Sweetlove. Ce EP d’Airport City Express ne fait pas exception. Evoluant dans un registre complètement différent de celui de ses collègues colorés, Airport City Express est véritablement la première très bonne suprise de ce début d’année. Dans un style lo-fi acoustique, ce duo donne la preuve que l’esprit « Do It Yourself » est encore bien vivant, pour notre plus grand plaisir.
Le premier morceau, « Lesbians », est un véritable tube qui restera gravé dans les mémoires pendant un sacré moment. La mélodie est incroyable et les guitares acoustiques sont relevés par des éclairs électriques. La suite de ce EP confirme les très bonnes impressions laissées par ce premier titre. De nombreux sons inattendus viennent perturber les mélodies ; le synthé est extrêmement bien utilisé, un harmonica surgit de nulle part (« Michael Bolton »), le glockenspiel se fait doucement une petite place (« Like a wh(g)o(o)re », les guitares s’électrisent et dérapent subitement, les deux voix se mélangent et se complètent parfaitement pour donner à l’ensemble un son et une personnalité immédiatement reconnaissable. Les chansons ne sont jamais linéaires grâce à des changements de rythmes fréquents et des silences soudains (« Power of temptation »). Et lorsque le duo s’énerve et les guitares électriques se déchainent, cela donne « Debo’s bra » qui aurait pu être l’un des meilleurs morceaux du dernier album de Eels. Comme si toutes ces qualités ne suffisaient pas, Brieuc Bauthier et Michael Verbeeck possèdent un sens de l’humour et de l’autodérision qui rend ce duo encore plus attachant. Pour vous en convaincre, un petit coup d’oeil sur leur site s’impose. Et le sample de la célèbre déclaration de Jean-Claude Vandamme (« Il y a des gens qui n’ont pas réussi parce qu’ils ne sont pas aware… ») sur le bien nommé « Muscles from Brussels » confirme que les deux musiciens ne se prennent pas au sérieux.
Airport City Express donne la preuve en neuf titres, tous excellents, que le manque de moyens n’est absolument pas un obstacle pour faire de la musique de qualité. Je dirais même que, dans leur cas, cela stimule leur créativité et leur inventivité qui s’ajoutent à un talent naturel indéniable. « Lower than fi » est un grand moment de pop lo-fi et bricolo à ranger bien en évidence dans votre discothèque, à côté du « Mellow Gold » de Beck.

Chroniqueur

La disco de Airport City Express