Merriweather Post Pavilion


Un album de sorti en chez .

9

La musique d’Animal Collective est comme un baiser inattendu non désiré. On commence par le repousser, puis cela devient évident, agréable, après quelques secondes d’acclimatation.  Une impression que l’on avait pas encore eu sur un disque d’Animal Collective ; il a fallu que ça soit sur cet album que l’obligation de repousser soit la plus […]

La musique d’Animal Collective est comme un baiser inattendu non désiré. On commence par le repousser, puis cela devient évident, agréable, après quelques secondes d’acclimatation.  Une impression que l’on avait pas encore eu sur un disque d’Animal Collective ; il a fallu que ça soit sur cet album que l’obligation de repousser soit la plus forte. Car ce « Merriweather Post Pavilion » laisse, à la première écoute, une drôle de sensation, comme si quelque chose de contre-nature se produisait. D’ailleurs la pochette en est l’illustration. Son violet tacheté de vert fluo se meut lentement sous nos yeux hypnotisés, pour mieux laisser paraître un intérieur à l’extrême opposée : un habillage cartonné romantique et aquatique. Comme un trompe-l’œil (l’oreille).Que l’on se mette d’accord d’entrée de jeu, ce disque n’a rien à voir avec les précédents. Pensez beats, house, electro, electronica, loin de leur musique déjantée tribale, mais bien une électro-pop plus proche des dancefloors. Sir Panda Bear est revenu tout émoustillé de son voyage en solitaire et souhaite  faire transpirer ses beatbox les plus saugrenues. Ainsi, la batterie et les guitares sautillantes ne sont plus si prépondérantes que ça, et laissent place à des rythmes électroniques lourds et calibrés, qui pourraient bien plaire aux plus fans d’électro d’entre nous. Pourtant tout démarre avec In The Flowers,  pouvant être un successeur de « Person Pitch », et au loin quelques beats montent, à pas lourd. Nous voilà projetés dans une autre dimension.

Le disque s’emballe dans un torrent de sonorités électroniques, où pourtant chaque son a une place bien précise, découle d’une intention, et non d’une superposition hasardeuse. Au final, « Merriweather Post Pavilion » est album résolument mélodique, avec un tube à chaque titre, excepté peut être le Daily Routine, un peu répétitif et rappelant #1 sur « Strawberry Jam ». Il n’y a qu’à écouter les excellents My GirlsSummertime Clothes, Also Frightened, Bluish, Guys EyesBrother Sport, No More Runnin, Lion In A Coma. Dans leur délire, les membres du groupe ont pourtant tenu à livrer une musique pointilleuse, rigoureuse dans les choix de nappes et dans leur enchaînement, tout en respectant ce qui a fait leur âme (une batterie loufoque utilisé certes à dose homéopathique, quelques guitares en cascade d’eau).

Ne vous attendez donc pas à un album d’Animal Collective classique, mais plutôt à une petite révolution, pouvant être leur meilleur album à ce jour. Et pourtant, malgré ce virage, le groupe n’a jamais livré des morceaux aussi maîtrisés de bout en bout. Ce qui s’illustre simplement en écoutant les voix  posées, moins gueulardes, se faisant écho dans la plus belle harmonie. On pourra certainement regretter ce côté lo-fi bordélique qui faisait le charme de « Sung Tongs » ou encore « Feels ». Et malgré la qualité intrinsèque  et indéniable de « Strawberry Jam », « Merriweather Post Pavilion » sublime leur discographie, ce qui fera réfléchir les pâles imitateurs de la nouvelle vague electro-pop.

Chroniqueur

Tracklist

  1. In The Flowers
  2. My Girls
  3. Also Frightened
  4. Summertime Clothes
  5. Daily Routine
  6. Bluish
  7. Guys Eyes
  8. Taste
  9. Lion In A Coma
  10. No More Runnin
  11. Brother Sport