Anna Calvi


Un album de sorti en chez .

Voilà un album qui n’arrive pas en toute discrétion, c’est le moins qu’on puisse dire. Conséquence, certains, sur la foi d’un premier single, quelques morceaux disséminés ci et là et quelques concerts, vont l’accueillir à bras ouverts, conquis d’avance, tandis que d’autres vont au contraire se montrer circonspects devant la chose. Quelques précisions ne sont […]

Voilà un album qui n’arrive pas en toute discrétion, c’est le moins qu’on puisse dire. Conséquence, certains, sur la foi d’un premier single, quelques morceaux disséminés ci et là et quelques concerts, vont l’accueillir à bras ouverts, conquis d’avance, tandis que d’autres vont au contraire se montrer circonspects devant la chose. Quelques précisions ne sont donc pas inutiles. On compare beaucoup Anna Calvi à PJ Harvey et Jeff Buckley. Les deux références ne sont pas fausses, et on retrouve sur le premier album de la londonienne çà et là des intonations de voix, ailleurs des accords de guitare, qui évoqueront l’un et l’autre. Cependant, de manière plus globale, si elle rappelle ces deux figures tutélaires, c’est avant tout par son aplomb, son assurance, sa liberté de ton et une capacité à repousser les genres. Ensuite, comme toujours, un avis sur un album ne vaut qu’après plusieurs écoutes, histoire de de se débarrasser de ses à priori, qu’ils soient négatifs ou positifs. Une première écoute ne suscite d’ailleurs aucune onde de choc. On louera la voix superbe d’Anna Calvi, son allant, mais on aura aussi le sentiment qu’elle en fait parfois un peu trop et que ses compositions n’ont rien de révolutionnaire.C’est donc petit à petit qu’on affine son jugement. Et qu’on commence par noter le recours à un jeu de guitare fait d’accords bluesy qui résonnent longuement, et dont le côté froid s’oppose à une voix chaleureuse, créant un contraste des plus saisissants. On est ensuite séduit par une capacité à attirer lentement l’auditeur dans ses filets, le langoureux No more words notamment étant un véritable chant de sirène. Puis c’est l’euphorie qui se dégage de Desire ou Suzanne and I qui nous épate. Et là, on prend conscience qu’en quatre morceaux, Anna Calvi a déjà brassé toute une palette d’ambiances sans aucune difficulté, sans contradiction. Surtout, si la base de ses morceaux est plutôt classique, elle en repousse à chaque fois les limites avec un chant ample et une verve musicale qui les emmène toujours ailleurs et en fait leur singularité. Parfois c’est la légèreté de la pop qui nous attend, à d’autres moments la profondeur du blues ou du flamenco.Sur The devil, on se laisse transpercer par la limpidité et la gravité du propos, puis sur Blackout, c’est le côté sucré, presque mutin qui nous séduit, rappelant un peu une Nancy Sinatra. Cette singularité, et c’est le plus important, fait de ce premier album un objet complètement hermétique aux tendances. Anna Calvi n’est pas la figure de proue d’un mouvement auquel la presse musicale s’empresserait de trouver un nom et que tout le monde aura oublié dans deux ans. A ce stade, on peut dire que ce début d’année a vu l’émergence d’une forte personnalité, qui a réussi à faire entendre sa sensibilité en s’inscrivant dans les traces de glorieux aînés. Evidemment, certains ne manqueront pas de la rabaisser, de nier cette singularité pour la ramener au rang d’ersatz. Mais à vrai dire, ce n’est pas très grave.

Rédacteur en chef
  • Publication 381 vues24 janvier 2011
  • Tags Anna CalviDomino
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Tracklist

  1. Rider To The Sea
  2. No More Words
  3. Desire
  4. Suzanne And I
  5. First We Kiss
  6. The Devil
  7. Blackout
  8. I'll Be Your Man
  9. Morning Light
  10. Love Won't Be Leaving

La disco de Anna Calvi

Hunter8
80%

Hunter

One Breath9
90%