Neon Bible


Un album de sorti en chez .

Voilà donc l’album le plus attendu de ce premier trimestre, un album qui débarque avec son inévitable cortège d’admirateurs déjà conquis sans en avoir entendu la moindre note, de détracteurs avides de “défaire” l’engouement qui s’est noué autour du groupe il y a deux ou trois ans, et entre les deux tous ceux qui vont sortir […]

Voilà donc l’album le plus attendu de ce premier trimestre, un album qui débarque avec son inévitable cortège d’admirateurs déjà conquis sans en avoir entendu la moindre note, de détracteurs avides de “défaire” l’engouement qui s’est noué autour du groupe il y a deux ou trois ans, et entre les deux tous ceux qui vont sortir la règle à calcul musicale afin de déterminer si Neon bible est un successeur honorable, formidable, potable, exécrable… de Funeral.

Au-delà des jugements que l’on sera amené à porter, il apparaît d’emblée que le groupe a une longueur d’avance sur ses fans et auditeurs potentiels, qu’ils ne se sont pas retournés pour écrire et enregistrer cet album, qu’ils sont passés à autre chose. Mais pas de méprise : ils n’ont pas tourné le dos à Funeral, ne se sont pas employés à faire quelque chose de radicalement différent, ils ont simplement donné vie à ce qu’ils voulaient faire sur ce disque, sans se créer de contingences, et ça s’entend. Le groupe laisse entrer son goût pour la musique des grands espaces dans ses compositions. Cela donne des morceaux comme Keep The Car Running, Antichrist Television Blues, marqués par le folk et la country américaine, des styles que le groupe s’approprie en toute délicatesse et légèreté, comme une évidence, grace à sa musicalité aérienne et à la voix profonde de Win Butler, très à l’aise dans ce registre.

On notera ensuite que le blues colle à cet album du début à la fin, mais se trouve ici transcendé par un lyrisme de haute volée. Ainsi Ocean of Noise, Window Sill ou encore My Body Is A Cage sont autant de ballades qui impressionnent par leur beauté mélodique, mais plus encore par leurs dynamiques qui font partir dans des sphères rarement atteintes des morceaux qui, même s’ils avaient été plus simples, auraient déjà mérité bien des louanges. On pourra également noter à cet égard Black Wave / Bad Vibrations, qui démarre comme une chanson pop légère et presque naïve pour se transformer à mi-parcours en hymne profond, Régine Chassagne, presque mutine, se réservant le chant sur la première moitié, Win Butler prenant ensuite le relais avec gravité avant que leurs deux voix se mêlent sur le final.

Enfin, le groupe a voulu faire ce disque entièrement à son idée, sans se faire assister à la production. On pourra toujours pinailler sur le fait que l’orgue d’Intervention aurait pu être retouché ou la voix de Win Butler mise plus en avant sur certains morceaux, mais cela donne surtout l’assurance que ce disque est entièrement fidèle à leurs idées, et c’est essentiel. Les cordes de Black Mirror ou la nouvelle version de No Cars Go sont les meilleurs ambassadeurs de l’ambition du groupe.

On n’aura pas envie de parler de confirmation, mais on dira plutôt qu’Arcade fire nous livre une oeuvre forte, généreuse, à la fois sombre et lumineuse, exécutée par un groupe conscient de ses racines et de ses spécificités. Un grand disque tout simplement.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Black Mirror
  2. Keep the Car Running
  3. Neon Bible
  4. Intervention
  5. Black Wave / Bad Vibrations
  6. Ocean of Noise
  7. The Well and the Lighthouse
  8. (Antichrist Television Blues)
  9. Windowsill
  10. No Cars Go
  11. My Body Is a Cage

La disco de Arcade Fire

70%

Reflektor

Everything Now5
50%

Everything Now

90%

Funeral

EP
0%