Down in Albion


Un album de sorti en chez .

La ligne d’arrivée est enfin là, mais que la course fut longue ! On ne s?attardera pas sur les péripéties diverses et variées (mais toujours saupoudrées) de celui qui, de compagnon de la désormais officiellement junkie Kate Moss à pensionnaire régulier des prisons britanniques, a néanmoins trouvé le temps de faire « son » album. […]

La ligne d’arrivée est enfin là, mais que la course fut longue ! On ne s?attardera pas sur les péripéties diverses et variées (mais toujours saupoudrées) de celui qui, de compagnon de la désormais officiellement junkie Kate Moss à pensionnaire régulier des prisons britanniques, a néanmoins trouvé le temps de faire « son » album. Car il s?agit bel et bien de l’album de Pete Doherty avant tout qui nous est offert aujourd’hui sous le nom de Babyshambles. On ne change pas une équipe qui gagne, et qui surtout parvient à supporter les frasques de l’astre londonien : Mick Jones a accepté la sinécure d’une nouvelle production avec l’ex-Libertine, orphelin de sa moitié Carl Barât. Alors que les quelques concerts du groupes qui n’ont pas été annulés se sont joués sous l’emprise plus que probable d’une forte dose de stupéfiants (le résultat s?en ressentant fortement), l’album a le mérite de refléter fidèlement les performances du groupe?

Débute donc un tendre La Belle et La Bête, sur lequel Kate Moss (la Belle) appose sa voix fragile sur un angoissant « Is she more beautiful than me ? ». Cependant, de façon encore plus frappante que pour les deux albums des Libertines, on se demande quelle est l’utilité d’avoir fait appel à l’ancien Clash pour la production du disque, tant peu de matériau semble avoir été mis à sa disposition. On se trouve ainsi face à des chansons pour la plupart très joliment écrites, mais néanmoins fort brouillonnes. Contre toute attente, cela leur donne une certaine sensibilité à fleur de peau, l’impression d’une écorchure encore à vif. Derrière ce fouillis on perçoit sans doute possible les indéniables qualités de songwriter, le sens de la mélodie de Doherty. Il en est ainsi de Fuck Forever, tube pop évident pour lequel ce manque de fluidité, ce hurlement déraillé du chanteur semble être une qualité.

Le mal-être de l’auteur-compositeur transpire au détour de chaque note. Le rugissement de guitare et la batterie tapageuse de 8 Dead Boys (probable meilleur morceau du disque) font planer le spectre des défunts Libertines, dont on ne peut que regretter la disparition à l’écoute d’un disque qui aurait tant gagné à la présence de Carl Barât. Celui-ci aurait probablement empêché son alter ego d’imposer Pentonville, bouillie reggae interprétée par un compagnon de cellule qui vient briser le peu d’élan que l’album s?était échiné à prendre.

Cependant, le groupe parvient à retomber sur ses pieds ; ce fil décousu de mélancolie reprend sa lente dégénérescence au cours de titres plus ou moins lugubres (Back From The Dead?), mais agréables à l’écoute. Ah, qu?il est loin le temps où un compère prenait la défense de son quasi-frère au détour d’un « Up The Bracket » au punch revigorant?

Chroniqueur

Tracklist

  1. La Belle Et La Bete
  2. Fuck Forever
  3. A'rebours
  4. The 32nd Of December
  5. Pipedown
  6. Sticks And Stones
  7. Killamangiro
  8. 8 Dead Boys
  9. In Love With A Feeling
  10. Pentonville
  11. What Katy Did Next
  12. Albion
  13. Back From The Dead
  14. Loyalty Song
  15. Up The Morning
  16. Merry Go Round

La disco de Babyshambles