Thin Walls


Un album de sorti en chez .

9

Grosso modo, en dehors du port de guitare façon Gipsy King de Maarteen, tout est bon dans Balthazar.

En 2011, on les découvrait avec « Applause » et notamment le titre Fifteen Floors, un disque où la suavité de la voix du grand échalas Devoldere et celle plus conventionnelle de Jinte Deprez tapaient dans le mille et où s’ajoutait l’exotisme du violon et la voix féminine chatoyante de Patricia Vanneste.

Dès 2012, avec le célèbre « Rats » et sa belle couverture vintage (le croquignolet rouquin qui se lave les crocs devant la glace de sa salle de bain seventy), les Belges remettaient le couvert avec un des disques les plus marquants de cette année et des titres comme The Oldest Of Sisters, dont les premières notes sont désormais guettées à chaque performance live, mais aussi The Man Who Owns The Place, Lion’s Mouth (Daniel) ou encore Suggestion qui distillent ce rythme, ces paroles déclinées avec une lascivité si particulière qui distinguent le groupe de pléthore de formations.

Balthazar - Anton Coene

Cette année, le cru Balthazar s’appelle « Thin Walls », et n’y allons pas par quatre chemins, c’est à nouveau une pépite comme le laissait penser la livrée de la couverture pailletée. Dix titres confiés pour la première fois à un producteur d’outre-Manche, Ben Hillier qui a officié pour Blur, truffés de mélodies parfaites avec dans la version spéciale de cet album, une captation en public de 6 titres joués à l’Ancienne Belgique en février 2014.

Sans aller très loin dans la dissection de cet album, on s’aperçoit d’emblée que ce qui fonctionne encore une fois, ce sont les voix mêlées des deux leaders (on peut difficilement déterminer qui tient le lead du groupe tant leur accord semble parfait) supplées par les touches de clavier, le violon et les accents de Patricia Vanneste (Decency, Nightclub, Dirty Love). La pop des Belges atteint un degré de raffinement jusqu’à provoquer une félicité entre nos écoutilles (attardez-vous sur Bunker ou So Easy, elle vous gagne cette délicieuse plénitude, n’est-ce pas ?) et on trouve en chaque morceau, les sonorités capables d’accompagner les instants privilégiés de nos existences. Ainsi, au moment où nous écrivons ces lignes, nous écoutons, Wait Any Longer dans un train qui sillonne les bords de Loire dans une lumière de fin du jour quasi palpable, et vous pouvez nous croire, l’association prend des allures de combinaison idéale.

Au final, les années passent et Balthazar s’installe comme une référence pop incontournable. Tous les ingrédients sont là pour que la recette fonctionne longtemps et nous nous en délectons par avance. Peut-être faudrait-il seulement – nous sommes tatillons – prendre garde à ne pas verser dans des chansons trop produites ou trop de sophistication dans la mise en scène des concerts au risque de perdre une certaine proximité avec le public des premiers jours (les estrades dorées sur la scène du Stéréolux de Nantes étaient sans doute superfétatoires).

Ne terminons pas notre article sans vous parler d’Anton Coene. Le photographe belge signe la pochette en noir et blanc du supplément live et les prises de vue du livret, son travail essentiellement monochrome mérite le détour et nous ne pouvons que vous conseiller de fureter sur le net pour découvrir ses clichés.

Balthazar - Anton Coene

Chroniqueur

Tracklist

  1. Decency
  2. Then What
  3. Nightclub
  4. Bunker
  5. Wait Any Longer
  6. Dirty Love
  7. Last Call
  8. I Looked for You
  9. So Easy
  10. True Love

La disco de Balthazar

90%

Thin Walls

Rats
0%

Rats

Applause
0%

Applause