Bloom


Un album de sorti en chez .

9

Si on faisait un top 10 des titres d'albums les plus recherchés par les groupes qui cherchent un petit mot tout simple pour baptiser leur premier opus, "Bloom" en ferait certainement partie.

C’est donc assez amusant de voir Beach House intituler ainsi son quatrième album, mais cela symbolise bien aussi le parcours du groupe. Car, alors que beaucoup de carrières se font sur la foi d’un premier disque qui crée l’événement et auquel il faut ensuite réussir à produire un ou des successeurs dignes de ce nom, la trajectoire de Beach House est au contraire celle d’un duo certes exposé dès ses débuts mais qui s’affirme et se bonifie au fil des années. « Teen Dream » était néanmoins apparu comme un aboutissement dans leur courte discographie et la marche à gravir cette fois-ci paraissait donc plus haute.

Cependant, dans pas mal de domaines, la marge de progression restait assez importante. Ca peut sembler facile de le dire, mais c’est l’écoute-même de « Bloom » qui nous en fait prendre conscience. En effet, Beach House s’appuyait jusque-là sur des textures sonores finalement assez rudimentaires, qui pouvaient certes faire partie de leur identité mais également donner un côté parfois trop timoré à leur musique. Sur ce nouvel album, le duo gagne donc en ampleur. Dès l’initial Myth, on éprouve une sensation de libération : la mélodie se développe, monte haut, le son est beaucoup plus aéré que sur les précédents albums, et cette caractéristique perdure sur l’ensemble de l’album. Concrètement, deux éléments expliquent cette évolution : d’abord, le jeu de guitare d’Alex Scally est baucoup plus en avant et prend enfin une vraie place, alors que jusque-là il était un peu en retrait, se contentant d’agrémenter de quelques accords des plages de clavier planantes. Conséquence, des titres comme Myth, Wild, Wishes gagnent en densité, sans parler du magnifique final étiré d’Irene. La surprise, c’est que ce jeu de guitare tressé en longs écheveaux oniriques n’est pas sans rappeler les moments les plus planants de Cure période Disintegration, à la différence qu’il est au service de morceaux globalement plus lumineux. Second élément, le chant de Victoria Legrand, qui garde bien sûr son grain si particulier, apparaît néanmoins lui aussi moins retenu, elle n’hésite pas à monter un ton au-dessus, ce qui contribue largement à la réussite de titres comme New Year, Lazuli ou Other People, sur lequel elle se lâche vraiment.

Toutefois, s’il est un aspect sur lequel « Teen Dream » était absolument irréprochable, c’était sur son égalité dans la qualité d’écriture de bout en bout, aucune mélodie ne se révélant plus faible qu’une autre. Réitérer cette performance n’était donc pas gagné d’avance. De fait, aux premières écoutes, « Bloom » après un début d’une intensité splendide sur les trois premiers morceaux, paraît marquer un petit coup de mou en milieu d’album. Certes, petit à petit, les qualités de Troublemaker ou The Hours apparaissent, sans pourtant gommer complètement l’impression initiale. C’est sans doute là que se joue le prochain défi du groupe : parvenir à garder la luminosité, le souffle, sans perdre l’intensité. Après, on jugera sans doute également de la capacité du groupe à ne pas basculer vers un son et des mélodies trop évidentes. Mais n’allons pas trop vite en besogne, au risque de ne pas profiter suffisamment de « Bloom », qui est et restera sans doute un des événements de 2012. Encore une fois, surtout quand on termine un disque avec un final aussi magnifique que celui d’Irene.

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Myth
  2. Wild
  3. Lazuli
  4. Other People
  5. The Hours
  6. Troublemaker
  7. New Year
  8. Wishes
  9. On the Sea
  10. Irene

La disco de Beach House

100%

7

Depression Cherry7
70%
B-Sides & Rarities7
70%
90%

Bloom

90%

Teen Dream

Devotion7
70%

Devotion