I Love You, It’s Cool


Un album de sorti en chez .

En 2009, le quatuor n’avait pas besoin d’insérer le mot ‘cool’ dans le nom de leur deuxième album, "Beast Rest Forth Mouth", pour l’être. En se fondant les unes dans les autres, les chansons dominées par des synthétiseurs puissants racontaient des destins adolescents chantés par de jeunes adultes. Une progression dramatique parfaitement séquencée portait l’auditeur […]

En 2009, le quatuor n’avait pas besoin d’insérer le mot ‘cool’ dans le nom de leur deuxième album, "Beast Rest Forth Mouth", pour l’être. En se fondant les unes dans les autres, les chansons dominées par des synthétiseurs puissants racontaient des destins adolescents chantés par de jeunes adultes. Une progression dramatique parfaitement séquencée portait l’auditeur d’une mélodie imparable à une autre, jusqu’au milieu de l’album avec Ultimate Satifaction. Il paraissait après que MGMT aient tâté le terrain avec le très intéressant "Oracular Spectacular" (2008) et son duo de singles désenchantés. Depuis, le genre s’est enrichi d’un nouveau MGMT moitié moins bien que le précédent, et d’"Hurry Up, We’re Dreaming" (M83, 2011). On pouvait craindre que le groupe New-Yorkais ne se mette à trop réfléchir sur la suite à donner à "Beast Rest Forth Mouth", l’ambition rampante vivant dans chacune de leurs compositions menaçant de transformer quelques idées alignées en concept album. 

"I Love You, It’s Cool" y réchappe de peu ; on sent une volonté irrépressible de faire un album générationnel, et cela fonctionne, sans doute, à l’échelle de New-York. Cet album est peu être destiné à être écouté très fort en buvant beaucoup de Red Bull, comme le conseille le groupe sur son site internet, mais un telle méthode ne fera qu’incommoder les voisins, et produira l’effet inverse du consensus planétaire que semblent réclamer des titres tels que The Reflection of You (« Look into my eyes/You see the reflection of you/In me/On me” et “Here I am/There you are/Just inches away.") ou World of Freakout. "I Love You, It’s Cool" donne parfois l’impression d’un album narcissique, d’un vide qui nous contemple. Cet album est conçu pour se propager comme les nappes de clavier les plus insidieuses de Vangelis ou les atmosphères les plus bizarrement enlevées de Tangerine Dream.

Rien ici n’attend l’impact de Lovesick Teenagers ou le magnétisme pop de You do You de l’album précédent. On est cependant très heureux de retrouver la voix suave à reverberation tunnel de John Philipot, d’autant plus qu’elle se débat à présent sur des trames plus musclées, voire agressives comme du Trans Am. On ne comprendra pas grand-chose de ce qui va se dérouler, les paroles étant avalées par la palette sonore richissime – des sons qui font ‘swooooshh’ ou ‘wiiiiiiiizzzz’.

L’album évolue, de la sensualité de The Reflection of You jusqu’aux climats plus obscurs qui se développent à partir de Sinful Nature, construit autour d’une batterie solide et syncopée et d’une basse génétiquement modifiée, et agrémenté de guitares psychédéliques réminiscentes des Smashing Pumpkins de "Gish". Comme parfois auparavant, le groupe semble hésiter entre plusieurs directions, et même l’humeur général de l’album est difficile à définir – mais peut-être est-ce justement ce qui le rend ‘cool’. A la fois menaçant et amical, sérieux à l’aune de sa dérision existencielle, sur "I Love You…" le groupe semble avoir gommé les expérimentations du temps du premier album, poli le son pour nous offrir un résultat un peu lisse. Leur pop futuriste gagnerait à laisser la place aux nappes en errance de leur premier album, plutôt que de finir par assomer l’auditeur sous un déluge de stimuli et de textures.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Hotel Bar
  2. The Running Styles of New York
  3. There’s A Girl
  4. My Dear
  5. What I’ve Been Kicking Around
  6. I’m A Stranger Now
  7. Waiting For My Ghost
  8. I’ll Be A Sky
  9. All I Can Keep Is Now
  10. I Love You. It’s A Fever Dream.

La disco de Bear in Heaven