Sometimes I wish we were an eagle


Un album de sorti en chez .

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Lorsqu’il officiait sous le patronyme de Smog, Bill Callahan pouvait déjà s’honorer d’être un des artistes dans lequel on pouvait placer une confiance aveugle, certains qu’on était que chacun de ses albums allait venir étancher notre soif de mélodies limpides, et au passage nous tirer quelques larmes. Avec « Woke on a Whaleheart », son « premier » album […]

Lorsqu’il officiait sous le patronyme de Smog, Bill Callahan pouvait déjà s’honorer d’être un des artistes dans lequel on pouvait placer une confiance aveugle, certains qu’on était que chacun de ses albums allait venir étancher notre soif de mélodies limpides, et au passage nous tirer quelques larmes. Avec « Woke on a Whaleheart », son « premier » album sous son propre nom paru il y a deux ans, il nous a en plus rappelé qu’il fallait toujours se méfier des idées reçues. Car il faut bien l’avouer, on était nombreux à penser que Callahan avait la mélancolie qui lui collait à la peau et qu’il ne s’en départirait jamais. Et pourtant, « Woke on a Whaleheart » laissait entrer la lumière et la légèreté dans sa musique avec un naturel et une réussite bluffantes.

On pouvait donc se demander si ce n’était qu’une parenthèse, ou si avec « Sometimes I wish we were an eagle », on allait voir notre homme revenir à des ambiances plus sombres. Dès l’inaugural Jim Cain, Bill Callahan nous donne déjà un indice : « I used to be darker/then I got lighter/then dark again« , chante-t-il. Effectivement, ce nouvel opus retrouve de prime abord une certaine solennité qui nous place en terrain connu. Cependant, quelque chose a peut-être irrémédiablement changé chez lui, pour le meilleur. Car si auparavant gravité rimait parfois avec austérité, dans le chant et les arrangements, souvent réduits au minimum, il n’en est rien ici.

Ainsi, « Sometimes I wish we were an eagle » reste un album qui regarde vers le ciel. Bill Callahan y trousse ses plus belles mélodies, ce qui n’est pas peu dire, et les réhausse d’arrangements de cordes subtils (The wind and the dove), laisse s’insinuer une voix féminine (Rococo zephyr), invite un piano sur le magnifique Too many birds. Résultat, les chansons se déploient, s’élèvent, là où dans le passé elles restaient plus confinées, le noir indéfectible de Smog cède la place à une palette toute en teintes délicates. Sur All thougts are prey to some beast, sommet d’intensité du disque, Bill Callahan laisse sa voix lui échapper par instants, et si le propos est grave, ce morceau sonne comme une libération. Ancien chroniqueur d’un spleen qu’il portait comme un boulet au pied, Bill Callahan est aujourd’hui un immense songwriter au sommet de son art, qui a brisé ses chaînes et ne craint plus de clamer sa détresse à la face du monde, enfin certain qu’elle trouvera un écho. Comment pourrait-il en être autrement ?

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Jim Cain
  2. Eid Ma Clack Shaw
  3. The Wind and The Dove
  4. Rococo Zephyr
  5. Too Many Birds
  6. My Friend
  7. All Thoughts Are Prey To Some Beast
  8. Invocation of Ratiocination
  9. Faith/Void