Volta


Un album de sorti en chez .

La carrière de Björk est une marche en avant. Elle s’est d’abord attelée à investir l’electro au sens large jusqu’à désossser le genre pour en garder la substantifique moelle sur "Homogenic". Puis elle s’est concentrée sur la voix, la plaçant au centre de ses albums suivants jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’elle ou presque […]

La carrière de Björk est une marche en avant. Elle s’est d’abord attelée à investir l’electro au sens large jusqu’à désossser le genre pour en garder la substantifique moelle sur "Homogenic". Puis elle s’est concentrée sur la voix, la plaçant au centre de ses albums suivants jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’elle ou presque sur "Medulla". Au milieu, de manière éparse sur divers albums et sur "Selmasongs" , elle n’a pas craint non plus de se faire accompagner d’un orchestre. Sur ce nouvel album, quelque chose a un peu changé puisqu’on se met à employer le mot "retour" pour le qualifier: à des choses plus simples, à l’electro dansante des débuts… et l’on reste perplexe tant ce mot semble antinomique pour la petite islandaise.

A l’écoute de l’album, on parlera plutôt de synthèse : on retrouve sur "Volta" plein de choses electro et dance, de grands numéros vocaux, des arrangements épiques avec cuivres notamment. Lorsque Björk convoque Antony, dont la présence ici semble naturelle plutôt qu’opportuniste, sur Dull Flame Of Desire, c’est superbe. La mélodie est ascensionnelle, les deux voix s’emmêlent et virevoltent. Même constat, dans une veine plus intimiste pour My Juvenile. Toute seule, Björk s’en sort aussi très bien sur Wanderlust, qui rappelle que, comme tout grand artiste, elle écrit d’abord de grandes chansons avant de leur donner quelque relief que ce soit. 

"Volta" contient également son compte de morceaux "défouloir", bardés d’arrangements electro, Earth Intruders et Innocence en tête, même si l’apport de Timbaland se révèle moins subtil ou tranchant que celui d’autres sorciers auxquels Björk a déjà fait appel. Par contre, "Volta" n’évite pas quelques moments moins convaincants, où les choses restent un peu figées et où les efforts déployés par Björk semblent un peu vains: c’est le cas sur See Who You Are, Vertebrae By Vertebrae, un peu ennuyeux, ou sur le convenu Declare Independence. 

Au final, la conclusion s’impose : le talent et l’ambition de Björk sont intacts, mais sur "Volta", l’islandaise a bel et bien stoppé sa marche en avant pour faire le point. Une démarche confirmée par ses concerts estivaux au cours desquels elle a largement revisité son oeuvre. On lui accordera bien volontiers le droit de se recentrer, de prendre le temps de relever de nouveaux défis, on mentionnera simplement que quand elle fait du surplace, comme les autres, Björk devient un peu moins intéressante et plus commune.

Rédacteur en chef
  • Publication 317 vues13 octobre 2007
  • Tags BjörkBarclay
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Tracklist

  1. Earth Intruders
  2. Wanderlust
  3. The Dull Flame of Desire
  4. Innocence
  5. I See Who You Are
  6. Vertebrae by Vertebrae
  7. Pneumonia
  8. Hope
  9. Declare Independence
  10. My Juvenile (feat. Antony as " the Conscience")
  11. Earth Intruders (Spike) - Extended Mark; Stent Mix

La disco de Björk

Vulnicura7
70%

Vulnicura

70%

Utopia

Biophilia
0%
Volta
0%

Volta

Drawing Restraint 9
0%
Medúlla
0%

Medúlla

Vespertine
0%
Selmasongs
0%
Homogenic
0%
Post
0%

Post

Debut
0%

Debut