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Kili Kili


Un album de sorti en chez .

8

Le premier album de Français qui ont envie de voir grand sans se prendre au sérieux.

C’est en soi assez savoureux : si 2017 a d’ores et déjà offert son lot de bons, voire de très bons albums, et ce dans des styles divers et variés, la pop est dans ce tableau assez en retrait et ce n’est pas la perfide Albion qui dira le contraire quand un groupe comme Blaenavon livre après cinq ans de gestation un album tout en hésitations, comme par crainte de se faire cataloguer trop vite. Non, finalement, cette année, c’est chez nous, en France, par un jouissif retournement de l’histoire, que la pop est la plus décomplexée et stimulante. Ainsi, après Grimme qui, au printemps nous a offert un joli manifeste de pop lumineuse et érudite, voici un premier album venu de Reims qui vous explose à la figure comme une bouteille de champagne trop agitée (d’accord, c’était facile).

Certes, réduire Black Bones à un groupe de pop serait simplificateur, “Kili Kili” étant un album empreint d’une douce folie où se mêlent gaiement electro, sonorités caribéennes, psyché, rock, hip-hop… Mais ce qui frappe et plaît dans ce disque, c’est sa fibre euphorique, directe et libératrice. Au point que, ce qui manque parfois dans “Kili Kili”, ce sont quelques morceaux un peu plus “posés”, histoire de ne pas perdre le fil tant le rythme est échevelé, même si Desert Eye remplit en partie ce rôle. Reproche néanmoins mineur car l’album contient un nombre de morceaux conséquent qui tapent en plein dans le mille. Il y a évidemment, l’impeccable Deathco, dont nous vous avions dévoilé la vidéo il y a déjà quelques semaines, l’introductif Black Bones mais aussi le turbulent et groovy I Like To Do It.

Mais “Kili Kili” ne se résume pas non plus à un condensé d’efficacité pure. The Shaggs, morceau-pivot de l’album, brille par l’alliance d’une mélodie psyché savoureuse qui bifurque en milieu de parcours avec passage de témoin entre voix masculine et féminine puis un retour de la phrase musicale pour un beau final épique. Belle virtuosité pas si évidente à mettre en oeuvre. On s’arrêtera aussi sur l’enchevêtrement d’une rythmique qui tire sur le reggae, de gimmicks et de guitares sur I’m Gay, le tout parfaitement produit. Evidemment, ce cocktail détonant fait de Black Bones une potentielle machine infernale sur scène et on peut logiquement penser que le groupe a aussi conçu cet album comme une matrice pour de futurs concerts qui devraient valoir de beaux moments de communion festive partout où ils se produiront. Quelques écoutes de “Kili Kili” vont vous gonfler à bloc.

Rédacteur en chef

La disco de Black Bones

Kili Kili8
80%

Kili Kili