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Un album de sorti en chez .

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Premier album du groupe anglais après une flopée de singles.

Evidemment, on ne va pas vous dire qu’on attendait fébrilement la publication de ce premier album de Black Honey tant le groupe de Brighton abuse de ficelles pas toujours subtiles et sans originalité pour attirer le plus grand nombre : voix “petite fille” assez racoleuse d’Izzy B. Phillips, sa chanteuse et figure de proue, morceaux qui servent avant tout à aller au plus vite au refrain, avec le maximum d’efficacité recherché. Cependant, cette outrance assumée, notamment dans leurs vidéos, un savoir-faire indéniable pour trousser des singles qu’on retient immédiatement et une aisance pour allier batterie en roue libre et guitares débraillées à leur verve disco a apporté une touche de couleur (bien flashy) au paysage musical anglais actuel, raison pour laquelle on ne s’est pas privés de relayer chaque annonce d’un nouveau single.

Après, passer de singles distillés au compte-gouttes à un album complet soulève forcément une interrogation classique : est-il possible de délayer la même formule sur treize titres sans provoquer d’indigestion ? Ou alors, autre interrogation, certes plus improbable, Black Honey avaient-ils gardé un atout dans leur manche et révéler sur leur premier opus un aspect de leur musique qui nous était jusque-là inconnu ? Sur la première partie de l’album, la réponse est clairement non. Sans surprise, Black Honey escamote les couplets à chaque fois et fait tout claquer sur les refrains qui finissent toujours pas être repris en boucle. Quand arrive un morceau plus “posé”, on se dit que, sans surprise là encore, le groupe a voulu placer une respiration entre deux salves. Et là, alors qu’on aurait pu s’attendre à un morceau sans saveur, plat comme la main, on découvre qu’ils s’en sortent très honorablement, et Baby est un joli morceau pop limpide. Mais là où ils surprennent, c’est quand, au lieu de redémarrer pied au plancher, ils enfoncent le clou en enchaînant avec une brochette de titres dans la même veine, tranquilles mais soignés : Into The Nightmare, Dig, Just Calling.

Conséquence, l’album passe plutôt bien. On ne criera pas au génie, on reste globalement dans le registre de l’album bonbon, la production sans relief sur la voix d’Izzy Phillips tire un peu l’ensemble vers le bas mais Black Honey se révèle un groupe moins limité qu’on l’aurait pensé et surtout conscient de ce qu’il faut mettre en oeuvre pour passer du format court au format long. Ce n’est jamais désagréable d’être positivement étonné.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. I Only Hurt the Ones I Love
  2. Midnight
  3. What Happened To You_
  4. Bad Friends
  5. Blue Romance
  6. Crowded City
  7. Hello Today
  8. Baby
  9. Into The Nightmare
  10. Dig
  11. Just Calling
  12. Wasting Time

La disco de Black Honey

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70%

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