Blonde_Redhead-3_O_Clock

3 O’Clock


Un album de sorti en chez .

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La grâce comme sens inné.

Nous y voilà, enfin nous nous prononçons sur un des événements indé de ce début d’année. Blonde Redhead est revenu en ce début mars avec ce mystérieux EP “3 O’Clock” de quatre titres succédant à l’envoûtant “Barragan“.

Ce-dernier nous avait enchanté, notamment par le retour aux instruments et le fait que le groupe délaissait le recours systématique au numérique, perçu dans “23“. La première question était donc, était-ce un choix ponctuel ou une réelle démarche sur la longueur ? A cette interrogation, on se trouve vite rassuré avec cet opus clairement dans la lignée de son prédécesseur.

Quatre titres donc sur ce “3 O’Clock” nous font naviguer avec le doigté exceptionnel que l’on connaît du groupe. Toujours doués d’une composition éthérée, dont la grâce et la singularité reste clairement inégalée, le trio se fend de morceaux comme suspendus dans l’espace-temps. Une tétralogie de porcelaine, portée notamment par le timbre incomparable de Kazu Makino, qui fait mouche dès la ballade éponyme qui ouvre l’EP.  3 O’Clock brille par son jeu de cordes, bercé par ses accords folk, ses arpèges cinglants et ses violons cotonneux. Bien entendu, le talent du groupe tient également aux arrangements, aux changements de rythme et de schémas harmoniques, toujours sur le fil tendu entre dissonance et mélodies légères.

Golden Light, lui, sera plus aquatique, avec une boîte à rythmes qui semble égoutter la sève de l’âme du titre. C’est, pour le coup, dans un rythme parfaitement délié que la complainte s’écoule, tout en légères touches qui se découvrent comme un corps s’effeuille, au paroxysme de la distance et de la sensualité. Where Your Mind Wants To Go libère lui la voix d’Amedeo, haut perchée certes, mais dans un tout autre registre que celle de sa comparse, plus douce et fluide. Élément notable, on sent une prédominance des instruments à vent, jusqu’ici peu ou pas présent, ce troisième morceau se veut plus insaisissable, plus évanescent. Il termine d’ailleurs comme il a commencé, créant comme une sorte d’apesanteur de laquelle on ressort sans jamais s’être rendu compte que l’on y était entré au préalable.

Ce magnifique objet musical s’achève sur Give Give, morceau semblant évoquer le printemps, avec un chant en retrait, quelques essais plus électriques (le titre original date de l’époque “Penny Sparkle”). Profitant d’un jeu de percussions particulièrement notable, cette magnifique conclusion restera logée elle aussi à la même enseigne, celle de “l’indé porcelaine”, précise, fragile et ambitieuse.

Pour réaliser ce “3 O’clock”, le groupe s’est adjoint les services de nouveaux venus: Mauro Refresco (Atoms For Peace), Eyvind Kang et The American Contemporary Music Ensemble. Bien que l’on puisse réaliser le nouveau souffle que ceux-ci on pu amener au groupe, il n’y a aucun doute que “3 O’Clock” porte le sceau du groupe new-yorkais. Dans la veine de “Barragan”, il s’agit d’un Blonde Redhead apaisé, moins enclin aux expérimentations torturées qu’à la beauté naturelle de leur talent musical. et, mon Dieu, quelle belle évolution nous avons là.

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