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Un album de sorti en chez .

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Premier album ambitieux des Lyonnais.

A peine répertoriés et déjà l’envie d’être ailleurs, voilà comment on pourrait résumer ce premier album de Brainbow. Après un EP remarqué en 2014, alors qu’ils s’appelaient encore Alexis & The Brainbow, le groupe, qui se lance pour la première fois en format album, repousse les frontières de la synth pop pour voir beaucoup plus loin. Le morceau d’ouverture de l’album s’intitule Space Trip et, au-delà du titre en lui-même, on peut presque y voir un programme. Car, très vite, sans renoncer au côté synthétique de sa musique, le groupe va voguer au gré de ses ambitions, de ses envies, de son inspiration, sans se fixer de limites.

Le risque d’une telle démarche est évidemment que l’auditeur ne parvienne plus à cerner la ligne directrice ou de ne pas adhérer au concept. Il faut le reconnaître, cet album n’est pas des plus digeste à la première écoute, la succession d’arrangements soul sur So Long, du retour au français sur Limousine pour une dynamique qui ne craint pas de frôler la variété, des cassures de rythme de Nils et du souffle psyché ambient instrumental de Tellurisme ayant de quoi déconcerter, sachant qu’on est alors tout juste à la moitié de l’album. Dans le même élan, on aura néanmoins décelé suffisamment d’audace et de particularités pour nous donner envie d’y revenir, d’autant plus que proposer un minimum d’exigence est très loin d’être un défaut.

Parmi les atouts du groupe, on placera notamment sans hésiter la voix d’Alexis Dalekta, relativement atypique mais capable de belles inflexions et envolées parfaitement en phase avec le large spectre que le groupe cherche à couvrir, que ce soit sur l’imparable Gold Rush ou l’épique Paper Rain. Le groupe s’offre en outre une production ample, faisant cohabiter arrangements synth pop, lignes de basse et cuivres soul, notamment sur Contagion. Enfin, le groupe s’y entend indéniablement pour pondre des morceaux accrocheurs qui, dans leur complexité, n’en perdent pas pour autant leur dimension pop (on pense à Gold Rush, Paper Rain, Ascension). Dernier élément notable, le retour au français, sur Limousine et Nuit Eternelle, paraît presque incongru. Que faut-il y voir ? Le fait que Brainbow, sur l’ensemble de l’album, s’offre une dimension “internationale”, d’où la sensation que le français est un carcan trop étroit pour eux ? Ou bien une nouvelle preuve que notre langue n’est décidément pas adaptée au rythme d’une pop grand format ? Difficile de trancher mais, à l’échelle de Brainbow, c’est une question mineure puisqu’avec cet album, ils s’affranchissent de nombreuses frontières.

Rédacteur en chef
  • Publication 533 vues28 mai 2018
  • Tags Brainbow
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Tracklist

  1. The Cast
  2. Trance Figure
  3. Ymir
  4. Secret Histories
  5. Passengers
  6. Feather Mountain
  7. Hex Removal
  8. The Folded Mirror

La disco de Brainbow

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80%

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