La Crue


Un album de sorti en chez .

7

Accompagné d’une dizaine d’amis musiciens, dont un trio de choristes baptisés avec un sourire les ‘bromettes’, Timothée Demoury s’approprie intelligemment la liberté de ton de ses influences américaines, Low, Smog, Codéine. Il égrène les mots dans un tempo qui semble tout d’abord incertain avant de gagner sa propre évidence. Les strophes se détachent par morceaux, […]

Accompagné d’une dizaine d’amis musiciens, dont un trio de choristes baptisés avec un sourire les ‘bromettes’, Timothée Demoury s’approprie intelligemment la liberté de ton de ses influences américaines, Low, Smog, Codéine. Il égrène les mots dans un tempo qui semble tout d’abord incertain avant de gagner sa propre évidence. Les strophes se détachent par morceaux, se bousculent presque et font mine de plonger dans les méandres naturelles des chansons. Pas une qui ne pousse son enveloppe sans se saisir à mi-chemin de la fragilité des mots, chaque fois de façon un peu différente. La Mer à Nantes par exemple, en duo avec Claire Weidmann, combine mots et musique avec fraîcheur et mélancolie : « Un jour il y aura la mer la Nantes/nous entendrons les vagues rouler derrière les immeubles ». Entre guitare acoustique et électrique, le choix est fait au cas par cas.

Les chansons de « La Crue » sont souvent évanescentes et parfois un peu nerveuses, retenant juste ce qu’il faut de mélodie, d’intensité pour continuer d’aller et d’éclairer, comme un jour qui ne finit jamais de tomber complètement. Depuis Nantes ou Berlin, Demoury est attentif aux détails d’un monde qui change, ou à ceux d’un paysage qui était déjà là mais qu’on n’avait pas remarqué, pris qu’on était entre deux voyages ; l’album d’un regard qui se fixe enfin, d’un individu qui observe sa destination, cet extérieur confortable, et se laisse influencer doucement. On pense à Bill Callahan sur « A River Ain’t To Much To Love » (2005). Le tout s‘écoute comme une déambulation sur les chemins. Il y a aussi quelques sursauts d’humeur joueuse, avec Je Te Mangerai (sur laquelle Demoury est au banjo tandis que Clément Loisel fait du beat-boxing) ou La Triche.

Chroniqueur

La disco de Brome

La Crue7
70%

La Crue