City of refuge


Un album de sorti en chez .

Lorsqu’en 2005, Raymond Raposa, l’homme qui se cache derrière le patronyme de Castanets, a sorti "First light’s freeze", on a pu croire qu’il deviendrait le chantre d’un néo-folk inspiré, à la fois sobre et paré d’atours luxuriants. Cependant, "In The Vines", paru l’an dernier, avait un peu coupé court à cette impression. Cette année, "City […]

Lorsqu’en 2005, Raymond Raposa, l’homme qui se cache derrière le patronyme de Castanets, a sorti "First light’s freeze", on a pu croire qu’il deviendrait le chantre d’un néo-folk inspiré, à la fois sobre et paré d’atours luxuriants. Cependant, "In The Vines", paru l’an dernier, avait un peu coupé court à cette impression. Cette année, "City of refuge" enfonce le clou. Certes, notre homme est toujours bien entouré ; on croisera notamment Jana Hunter au détour d’un morceau, ou encore, comme chaque fois, Sufjan Stevens, mais c’est un son caverneux, dépouillé et aride qui nous accueille et nous accompagne tout au long de l’album. 

De fait, "City of refuge", titre qui s’inspire d’un vieux classique du blues, qui, en son temps, avait déjà été remis à l’honneur par Nick Cave, ressemble à une ballade un rien flippée dans un far-west désolé et pourtant toujours autant fantasmagorique. Le début de l’album, constitué de petits morceaux instrumentaux intrigants, notamment The destroyer, évoque un peu l’ambiance lynchienne de Twin Peaks. Quelques accords bluesy de guitare électrique qui résonnent et semblent se perdre dans l’immensité, puis, sur Prettiest chain, la voix de Raposa, à la fois enfantine et urgente, tissent une ambiance à la fois froide et onirique. Et puis, comme par magie, surgissent de purs moments de grâce, où chant et accompagnements, sans rien renier de leur radicalité, viennent nous caresser avec une mélodie céleste. Schéma qui se reproduit plusieurs fois, notamment sur le superbe Shadow valley. 

Mais ce qui impressionne le plus sur ce disque, c’est de comprendre, petit à petit, écoute après écoute, comment il s’articule, comment certaines pièces sont là avant tout pour en faire briller d’autres, et créer un tout qui lui donne une couleur et une ambiance absolument unique. "City of refuge" est le type même d’album qui vient tailler en pièces les théories de ceux qui considèrent que l’album, justement, n’est plus un support adapté aux pratiques d’écoute de la musique aujourd’hui. Certes, son écoute ne se fait pas d’une oreille distraite, en zappant d’un morceau à l’autre, mais l’intensité que l’on éprouve une fois qu’on en a pris toute la mesure n’en est que décuplée. Rien que pour cela, et en dépit de l’écho qu’il recevra, "City of refuge" est un des disques les plus précieux de 2008.

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Celestial Shore
  2. High Plain 1
  3. The Destroyer
  4. Prettiest Chain
  5. Refuge 1
  6. The Quiet
  7. Glory B
  8. High Plain 3
  9. I'll Fly Away
  10. The Hum
  11. Savage
  12. Shadow Valley
  13. High Plain 2
  14. Refuge 2
  15. After the Fall