Texas rose, the thaw and the beasts


Un album de sorti en chez .

C’est évidemment une vue de l’esprit, mais on imagine bien une conversation qui aurait eu lieu il y a quelques années entre Sufjan Stevens et Raymond Raposa (Castanets), les deux comparses d’Asthmatic kitty. Le premier expliquerait qu’il allait se lancer dans une épopée musicale de l’Amérique, état par état, précise et touffue. Raymond Raposa aurait […]

C’est évidemment une vue de l’esprit, mais on imagine bien une conversation qui aurait eu lieu il y a quelques années entre Sufjan Stevens et Raymond Raposa (Castanets), les deux comparses d’Asthmatic kitty. Le premier expliquerait qu’il allait se lancer dans une épopée musicale de l’Amérique, état par état, précise et touffue. Raymond Raposa aurait alors répondu qu’il allait faire de même mais avec une démarche inverse. Economie de moyens, albums brefs, sans réels repères géographiques ni évocations directes. 

Ainsi, après avoir de loin évoqué la lumière froide et blafarde de l’Alaska sur "First light’s freeze", être descendu dans les paysages brumeux et humides du Montana sur "In the vines", puis revisité l’Ouest désolé au cours de "City of refuge", on imagine Castanets reprendre la route sur "Texas rose, the thaw and the beasts". On démarre donc le long d’une route qu’on imagine traverser les plaines d’armoise sur Rose et On beginning. On en profite, sur ces deux morceaux, pour prendre une bonne bouffée de folk blues séminal, simple et touchant. Et puis, lentement, sur My heart, on sent la ville se rapprocher, des voix au loin, telles celles de sirènes, envoûtent notre auteur. Peut alors débuter une errance nocturne et flippée dans les rues d’une cité qu’on imagine tentaculaire (Los Angeles ? Las Vegas ? ), le rythme se fait implacable et tendu, la mélodie grave et puissante, les guitares à la fois lascives et menaçantes. Mais c’est toujours la même solitude, la même vue à distance qui guide Castanets, et sur le splendide Thaw and the beasts, on l’imagine contempler le soleil se lever sur les gratte-ciel. 

Sur Lucky old moon et Ignorance is blues, les arrangements se font électroniques, planants, un peu comme si notre homme avait cédé aux tentations de la ville et n’était pas redescendu d’une prise massive d’acides, avant que vienne la rédemption sur Dance, dance, acoustique et pastoral, beau et intemporel. On oppose souvent l’Amérique des villes et l’Amérique des campagnes, Castanets a le talent de faire des disques qui les réconcilient, même si sa vision est parfois un peu inquiétante. Mais peut-on lui en faire le reproche ?

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Rose
  2. On Beginning
  3. My Heart
  4. Worn from the Fight (With Fireworks)
  5. No Trouble
  6. Thaw and the Beasts
  7. We Kept Our Kitchen Clean and Our Dreaming Quiet
  8. Down the Line, Love
  9. Lucky Old Moon
  10. Ignorance Is Blues
  11. Dance, Dance