Mug Museum


Un album de sorti en chez .

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Si vous ne connaissez pas encore Cate Le Bon, la parution de son troisième album "Mug Museum" sur le label Turnstile semble l'occasion rêvée de satisfaire aux présentations.

Relativement méconnue du public -aussi averti soit-il-, Cate Le Bon poursuit avec « Mug Museum » son aventure artistique entamée il y a cinq ans. Fidèle à ses racines galloises, la native de Penboyr ouvrait son compteur en 2008 avec un maxi réalisé dans sa langue maternelle, à prononcer selon votre convenance, « Edrych Yn Llygaid Ceffyl Benthyg ». La même année, le truculent Gruff Rhys (Super Fury Animals) décide de prendre la jeune Cate sous son aile, en l’invitant tout d’abord sur un morceau de son projet parallèle Neon Neon puis en l’érigeant comme exclusive signataire de son propre label, Irony Bored. Le Bon dégaine l’année suivante avec son premier essai « Me Oh My », taillé dans un folk poli mais accrocheur, assurément fieffé pour connaître quelques instants de gloire dans les pubs les plus feutrés du royaume. Son deuxième album « CYRK » (2012) constitue par la suite un premier tournant dans sa jeune carrière :  Ses versants psychédéliques et son caractère dépouillé lui conférait alors une délicieuse pesanteur saluée par la critique.

A l’orée de l’enregistrement de sa troisième livraison, Cate Le Bon a troqué sa brume natale contre la douce atmosphère californienne, plus précisément du côté de Los Angeles. Là bas, elle et son goût du psychédélisme sucré se sont installés en terre promise (au pays de Love, Jefferson Airplane, Spirit…) et ses nouvelles compositions se délectent pour la première fois d’une délicieuse texture lo-fi, collectés en grande majorité sur « Mug Museum ». Dès les premières lectures, ce dernier rappelle fiévreusement l’allégresse d’un 33 tours craquant sur nos platines, jauni par le temps et imprégné de l’odeur délicieusement âpre du vinyl d’autrefois, vétuste s’il en est mais ô combien sentimental. Malgré des tonalités vocales parfois nonchalantes et un accent naturellement appuyé, la Galloise s’intronise en égérie glorificatrice des sixties, secondée dans sa démarche par le panel réglementaire de l’époque: guitares bondissantes et saturées, lignes de basse omniprésentes, touches d’orgue Vox Continental, alternance entre mélodies mid-tempo et accélérations tranchantes…. Dans cette épopée idéalement dépoussiérée, on retiendra les douceurs du liminaire I Can’t Help You et de son poursuivant Are You With Me Now?, ponctuées par les soubresauts semi-ravageurs de Wild et Sisters ou encore les incantations psychédéliques de Mirror Me ou Cuckoo Trough The Walls, sans oublier la splendide ballade I Wish I Knew exécutée en duo avec Perfume Genius.

Clôturé par des notes sombres de piano sur l’éponyme Mug Museum, cet ensemble témoigne de la véritable nature de Cate Le Bon: une personnalité atypique de prime abord impassible, froide et distante, animée en ses vertus par une flamme que seul son génie créatif laisse transparaître. Une imperfection qui la rend terriblement attachante et qui nous permet d’affirmer qu’il n’y a point ici de brute ni de truand, juste Le Bon, et tout ce qu’il y a de meilleur en elle à contempler….

 

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Tracklist

  1. I Can't Help You
  2. Are You With Me Now?
  3. Duke
  4. No God
  5. I Think I Knew
  6. Wild
  7. Sisters
  8. Mirror Me
  9. Cuckoo Through The Walls
  10. Mug Museum

La disco de Cate Le Bon