- 2 (The Enemy)

2 (The Enemy)


Un album de sorti en chez .

Parler de ce sentiment qui dérange lorsqu’on revient à la maison n’est pas forcément une chose aisée à entendre dans la musique, je me souviens du fameux At Home He’s A Tourist du quatuor post-punk Gang Of Four. Loin des guitares étranglées des anglais, il y a aussi le superbe Back Home qui se trouve […]

Parler de ce sentiment qui dérange lorsqu’on revient à la maison n’est pas forcément une chose aisée à entendre dans la musique, je me souviens du fameux At Home He’s A Tourist du quatuor post-punk Gang Of Four. Loin des guitares étranglées des anglais, il y a aussi le superbe Back Home qui se trouve sur le deuxième album de Centenaire, groupe français bâti autour de Damien Mingus (My Jazzy Child), Aurélien Potier, Axel Monneau (Orval Carlos Sibelius) et Stéphane Laporte (Domotic).

Centenaire navigue entre acoustique et électricité au gré des morceaux, et si la batterie et la guitare semblent vouloir prendre la tangente vers le rock atmosphérique, elles viennent régulièrement ponctuer ces compositions de quelques silences. L’occasion d’y remarquer une contrebasse profonde et un clavier légèrement flippant. Wheelchair vient ouvrir efficacement “2 (The Enemy)” dans un registre plutôt pop, mais très vite l’ambiance se ralentit avec le superbe Bottle Of Sound. Plus éthéré, ce titre installe tranquillement une ambiance douce-amère où on sent que l’on pourrait s’y installer confortablement si toutefois les quelques notes de guitares et de synthés ne véhiculaient pas un étrange sentiment de sourde menace. Et puis il y a cette voix monotone et détachée, qui évoque légèrement Hood et accompagne l’auditeur dans cette étrange voyage. Une voix pour laquelle on se demande encore si elle cherche à être amicale ou intimidante …

Après ces deux bons titres, Centenaire monte la tension d’un cran, avec les rythmes martiaux de Farmers Underground ainsi que les guitares abrasives de Testosterone. On y  entend toujours comme un mauvais présage dans l’atmosphère que Centenaire agence doucement avant d’envoyer la purée avec une envolée de distorsions plutôt tordues. Et puis il y a Back Home, superbe et lente conclusion qui s’étire progressivement, trimballant dans un premier temps un sentiment d’inconfort avant de se terminer sur une légère note d’espoir, cette considération restant de courte durée tant le titre s’achève de façon un peu brutale. On reste donc là, seul, tandis que le bras du tourne-disque continue d’avancer dans le lock-groove, autour de nous il ne reste qu’un étrange silence …

Avec ces sept titres Centenaire réalise un superbe deuxième album, un truc de toute beauté. Assurément le meilleur disque français de cette année.

Chroniqueur

La disco de Centenaire