The L-Shaped Man


Un album de sorti en chez .

5

Face à l’abondance de groupes gentiment dark étiquetés eighties, l’utilisation du terme post-punk est devenue une sorte de gros tas obèse, du genre qui laisse des traces de graisse à toutes les sauces sur la totalité des médias qu'il touche. Indiepoprock ne...

Face à l’abondance de groupes gentiment dark étiquetés eighties, l’utilisation du terme post-punk est devenue une sorte de gros tas obèse, du genre qui laisse des traces de graisse à toutes les sauces sur la totalité des médias qu’il touche. Indiepoprock ne déroge pas à la règle et c’est la raison pour laquelle nous nous sommes confiés la mission de bannir ledit terme de cet article, pour un papier certifié sans « post-punk », « guitares saturées » et « rhododendrons ».

Pas de bol, si vous commencez aussi à être exaspérés de la convocation excessive de l’influence Joy Division, autant le dire, vous êtes mal barrés pour aimer cet album de Ceremony puisqu’il est 100% calqué sur le célébrissime groupe de Manchester. Sans aucun additif. Et pour autant qu’on l’envisage comme une sorte d’album de la crise d’adolescence – une parenthèse, l’expérimentation d’un espace de liberté après dix ans d’activité et quatre disques -, « The L-Shaped Man » est moins inintéressant qu’il n’y paraît.

Avant de redécouvrir la coldwave anglaise, le groupe californien nous avait habitués à un mode plus énervé. Root Of The World est en ce sens représentatif de la flamme punk-hardcore qui animait leurs précédents détours en studio. Flamme pas tout à fait éteinte puisque le producteur de l’album n’est autre que John Reis, le guitariste de Drive Like Jehu, ce qui nous fait dire que son job ici traduit celui du bon élève, appliqué mais dénué d’inventivité.

Il en ressort un album aride, qui cultive un charme austère, fidèle à l’atmosphère monacale qui pèse sur la discographie de leurs aînés mancuniens. Moins d’urgence, plus de drame pour un album qui sonde durant trente-six minutes le champ des profondeurs possibles. Your Life In France et The Pattern réussissent à effectuer de belles remontées à la surface avec un ton moins appesanti, délesté du trip caverne et écho. Offrent une vision différente du moins.

Inutile de crier au chef-d’œuvre, « The L-Shaped Man » n’est ni une pièce majeure du style ni un manuel de créativité. Reconnaissons-lui tout de même quelques qualités puisqu’il est bien exécuté, propre et réalisé dans les règles de l’art. En un mot, maîtrisé. Hélas, cela n’empêche pas, au bout du compte, qu’un doute subsiste : pourquoi ne pas juste écouter Joy Division ?

Chroniqueur
  • Publication 491 vues11 août 2015
  • Tags CeremonyMatador
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Tracklist

  1. Hibernation
  2. Exit Fears
  3. Bleeder
  4. Your Life In France
  5. Your Life In America
  6. The Separation
  7. The Pattern
  8. Root Of The World
  9. The Party
  10. The Bridge
  11. The Understanding

La disco de Ceremony

The L-Shaped Man5
50%