Time To Go Home


Un album de sorti en chez .

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Derrière ce nom délicieux, et de bon goût qui plus est, se cachent quatre girls de Seattle à l’éducation moins BDSM que pop-punk. Parions que, pour le style musical du moins, leur région d’origine n’y est pas pour rien. Entre la...

Derrière ce nom délicieux, et de bon goût qui plus est, se cachent quatre girls de Seattle à l’éducation moins BDSM que pop-punk. Parions que, pour le style musical du moins, leur région d’origine n’y est pas pour rien. Entre la ville du grunge par excellence, et Olympia, le berceau du mouvement Riot Grrrl, les parallèles s’établissent vite, Sleater-Kinney en tête de gondole.

Chastity Belt se situe bien quelque part entre les deux, affichant l’adulescence d’une génération Y en plein doute (le côté régressif de la photo de Travis Baer sur la pochette de l’album, genre « je m’ennuie chez mamie alors je joue au petit fantôme », est éloquent) et la furieuse esthétique girl power (Drone), propre à bon nombre de groupes de filles issus des dernières décennies alternatives.

Disons-le tout de suite, « Time To Go Home », sorti chez Hardly Art, label de La Luz et de Protomartyr, comporte de jolies réussites. Citons pour exemple les titres Trapped dont le leitmotiv « living, breathing, dreaming, dying » fait office de « live fast, die young » à la sauce grunge, et le très Mika Miko dans l’âme, agité et salvateur, The Thing, petit hommage de 2’18’’ à John Carpenter et à son film de 1982. Malgré cela, l’ensemble manque de nerf, d’une vraie belle énergie et donne raison à ceux qui parlent d’un potentiel inexploité. Le quatuor échoue à faire voler leurs acquis et leurs trop respectés aînés en éclat, à donner un gros coup de pied dans cette fourmilière.

Parce que, c’est le hic, cet album comporte tous les stigmates de l’indigestion d’influence. Il peine à s’affranchir de ses références et à apporter une patte, une manière un peu différente de les intégrer à l’ADN du groupe et d’en faire l’identité véritable de Chastity Belt. Sans pour autant les bannir, il s’agirait de mieux les incorporer, à la façon de Joke dont le schéma introductif et la ligne de basse d’Annie Truscott évoquent Peter Hook sur « Unknown Pleasures ».

Un bilan plutôt mitigé pour Chastity Belt donc, qui gagnerait à entrer en maturation pour assumer une réelle identité. Mais les bases sont là et, de là à y ajouter une note personnelle plus poussée, il n’y a qu’un pas, espérons que ça sera pour le prochain épisode. « Time To Go Home » s’avère être bien nommé, comme si la fête avait un goût d’inachevé et qu’il était temps de rentrer.

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Drone
  2. Trapped
  3. Why Try
  4. Cool Slut
  5. On the Floor
  6. The Thing
  7. Joke
  8. Lydia
  9. IDC
  10. Time to Go Home

La disco de Chastity Belt

Time To Go Home5
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No Regerts
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