Chaleur Humaine


Un album de sorti en chez .

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19 mai 2014 - Chez un petit disquaire proche de Gare du Nord, Christine avait les joues rouges en buvant son Granini. Face à une poignée de blogueurs venus écouter son album, elle évoquait avec humour ses divers étiquetages musicaux.

« Electro-Pop, indie, alternative… pourquoi pas variété-punk ».
Au final, Christine écoute, s’inspire de Balavoine, The Knife ou Lykke li et se fiche bien de la case dans laquelle on veut la ranger.

Christine and The Queens

Découverte en 2011 lors d’un (très bon) concert de The Dø, nous avons depuis gardé sur elle une oreille attentive.

Avec trois EP, un passage remarqué aux Victoires de la Musique puis quelques ouvertures pour le « surbooké mais fort gentil » Stromae, Christine a maintes fois démontré qu’elle excellait sur scène, même en l’absence de ses Queens.

Restait donc plus qu’à nous montrer son talent sur « Chaleur Humaine », premier album fraîchement sorti le 2 juin dernier.

***

Avec le grand méchant « Gender » en toile de fond, Christine, peu à son aise dans un rôle féminin classique, annonce d’emblée qu’elle est un mec (« It ») et s’amuse à brouiller les pistes (« Half Ladies »).

De manière plus soft qu’un Planningtorock ou autres Sexy Sushi, elle joue tout de même la carte queer et aimerait que nous la considérions neutre de tout genre.

Discours qui n’empêchera pas certains de la cantonner aux clichés sexistes, comme ce « Terry Richardson de Saint Etienne » qui durant un shooting, l’objectif dressé, aurait aimé la voir plus « chienne » et plus topless.

Encore un qui n’a rien écouté.

Mais laissons un peu le fond pour s’attarder sur la forme.

Avec Ash Workman (Metronomy) aux commandes, le son de l’album est évidemment net et sans bavure.
L’electro froide se réchauffe ici et là de quelques nappes de clavier (« Nuit 17 à 52 ») et les basses bien présentes sur l’ensemble du disque, mettent en valeur la voix de Christine.

Ses vibes teintées de mélancolie alternent en permanence entre français et anglais comme sur cette reprise des « Paradis Perdus » de Christophe qu’elle a su mixer avec classe au « Heartless » de Kanye West.

Assurément, LA bonne surprise de l’album.

Rien à reprocher au reste des morceaux, si ce n’est les passages parlé-chanté sur « Christine » et « Ugly-Pretty » qui selon moi, perturbent plus qu’ils n’apportent.

Le titre éponyme est également un peu fade mais ne fait que mieux souligner l’efficacité des bien connus « Narcissus is back » et « Saint Claude ».

En gros, je pinaille tandis que pointe la fin de l’album.

Et c’est avec « Here » et sa longue envolée de cordes que Christine clot en douceur ce premier rendez-vous.

Onze titres durant lesquels notre prétendant(e) aux jeans effilés aura su mélanger genres, langues et veines musicales de la plus belle des manières.

***

« Alors, ça vous a plu », demanda-t-elle à la fin de l’écoute.

Ma réponse est oui, à vous de lui donner la votre.

 

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. iT
  2. Saint Claude (Version Française)
  3. Christine
  4. Science Fiction
  5. Paradis Perdus
  6. Half Ladies
  7. Chaleur Humaine
  8. Narcissus Is Back
  9. Ugly-Pretty
  10. Nuit 17 à 52
  11. Here

La disco de Christine and The Queens