Hysterical


Un album de sorti en chez .

Après toute cette logorrhée de battage et de louanges, qui a suivi leurs deux premiers albums auto-produits, Clap Your Hands Say Yeah ont pris le parti de  faire une pause plutôt que de battre le fer pendant qu’il était chaud. Un hiatus de près de quatre ans qui leur a permis de  poursuivre divers projets,d’approfondir […]

Après toute cette logorrhée de battage et de louanges, qui a suivi leurs deux premiers albums auto-produits, Clap Your Hands Say Yeah ont pris le parti de  faire une pause plutôt que de battre le fer pendant qu’il était chaud. Un hiatus de près de quatre ans qui leur a permis de  poursuivre divers projets,d’approfondir d’autres idées et de revenir avec ce troisième disque porteur, du moins pour eux, d’une volonté de renouvellement. L’approche est donc ici généralement plus lustrée et ciblée, avec toujours la même formule qu’à leurs débuts, nourrie d’indie rock solide et sec, mais se concentrant davantage sur le songwriting et l’expérimentation.

"Hysterical", à cet égard porte faussement son nom car au lieu de l’incessant buzz de "fuzz guitar" (dont le groupe était coutumier) les atmosphères se font  apaisantes, voire même mélancoliques, comme sur cette interrogation sur ce qu’est une conduite d’échec (Same Mistake) ou un titre aussi emprunt de reconsidération de soi-même que Misspent Youth. Les vocaux sonnent d’ailleurs plus intériorisés, doux et moins joyeux, un peu comme si  le groupe revisitait cette humeur si particulière de Motorcycle Emptiness des Manic Street Preachers.

Si Maniac semble alors faire revivre tension, énergie et nervosité, il semble plus vecteur d’une hésitation que le groupe pourrait avoir encore à expérimenter, dans la mesure où il se révèle le seul morceau  « immédiat » de l’album. Bien que "Hysterical" demeure ancré dans le post-punk, celui-ci a perdu de son minimalisme pour s’enrichir de nappes de synthés, de réverbérations succédant aux accords plaqués, de larsen succédant à des solos de guitares (un Into Your Alien Arms où pointerait Yo La Tengo) et où, surtout, les choeurs se révèlent exemplaires dans le travail de sophistication du groupe (The Witness’ Dull Surprise, Idiot).

C’est dans ce subtil alliage de mélodies dans lesquelles l’insouciance s’avère trompeuse et d’arrangements porteurs de réminiscences nostalgiques qu’on trouvera, désormais une nouvelle cohérence à nos natifs de Brooklyn. On comprendra alors en quoi ne pas céder à l’impatience de leurs fans a pu leur être profitable ; plutôt que de céder à l’hystérie, Clap Your Hands Say Yeah a choisi de la gérer. Qu’il n’y soit parvenu de manière fragmentaire n’ôte rien, bien au contraire, à son effort puisqu’il permet d’anticiper sur ce que pourraient être de futurs développements.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Same Mistake
  2. Hysterical
  3. Misspent Youth
  4. Maniac
  5. Into Your Alien Arms
  6. In a Motel
  7. Yesterday, Never
  8. Idiot
  9. Siesta (For Snake)
  10. Ketamine and Ecstasy
  11. The Witness' Dull Surprise
  12. Adam's Plane