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Only Run


Un album de sorti en chez .

5

Sur les braises d'un retour en grâce à la faveur du renversant "Hysterical" il y a trois ans, Clap Your Hands Say Yeah s'était promis de poursuivre son ascension avec son quatrième effort baptisé "Only Run". Pari manqué...

Entre remises en question et péripéties internes, l’histoire de Clap Your Hands Say Yeah, quintette à la trajectoire sinueuse révélé à son éclosion par la Toile, aurait définitivement pu s’inscrire en pointillés suite aux récentes évasions de son guitariste Robbie Guertin et des jumeaux Sargent. Dans un contexte que l’on sait si particulier, le métronome Alec Ounsworth (accompagné aux fûts par le fidèle Sean Greenhalgh) a choisi de ne pas suivre cette mouvance suicidaire, préférant lutter pour la sauvegarde de son groupe plutôt que de s’adonner à des joutes solitaires incertaines.

De ce fait, Ounsworth a pris les choses en main en composant les trois quarts de l’album, de son écriture jusqu’aux instrus. Dans l’optique de consolider son entreprise, le lead a même rappelé à la rescousse son vieux copain et producteur Dave Fridmann, l’homme de l’ombre qui avait officié sur l’album “Some Loud Thunder” il y a neuf ans. Une seconde collaboration qui, d’emblée, portait à croire que la mouture courrait un risque inconsidéré de sentir le réchauffé…

Pourtant, les deux morceaux préalablement déployés en guise d’apéritif laissaient présager non pas le meilleur, mais assurément de bonnes dispositions: Des titres secs et tranchants, desservis par des coups de batterie autoritaires et des mélodies appointées, le premier placé en ouverture de tracklist (As Always) et son second (Coming Down) magnifié par la signature vocale de Matt Berninger (The National), venu lui aussi prêter main-forte en ces temps de crise.

Si le duo Ounsworth/Fridmann a laissé au placard son goût pour les processions distordues (œuvres de son ancien partenariat), le reste n’en demeure pas moins atypique. Comblant son manque d’instrumentistes comme il le peut, des nappes synthétiques et autres programmations viennent épouser certaines compositions du combo, à commencer par les pièces Blameless, Beyond Illusion ou encore Little Moments, où le mix entre rock, pellicules electros acidulées et égosillements de son meneur peuvent rendre l’instant, même après quelques écoutes forcées, proche de la pénibilité. Idem lorsque les percussions résident en berne sur Your Advice, morceau aux estimables aspirations porté par son caractère sensible indéniable, mais fragilisé de bout en bout par un liseré artificiel quelque peu incongru.

Finalement, seule une poignée de morceaux renouant avec le génie de l’entité CYHSY parvient à sauver la mise. On pense au très bon Cover Up (secondé par le mixeur canadien Kid Koala) mais aussi au dénommé Impossible Request, efficace, accrocheur et parfaitement mené, comme avait pu l’être Let The Cool Goddess Rust Away à l’époque même où les cinq complices n’avaient que faire du nom sous lequel ils allaient se produire.

Un temps révolu en somme, à l’instar de bon nombre de groupes ayant perdu en chemin une partie de son line-up et à une échelle plus ou moins identique, l’insouciance de leurs débuts. Malgré sa volonté de garder la tête hors de l’eau, il faudra certainement attendre la prochaine salve ou une réunification inattendue du groupe pour espérer de nouveau taper dans les mains…

 

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Tracklist

  1. As Always
  2. Blameless
  3. Coming Down
  4. Little Moments
  5. Only Run
  6. Your Advice
  7. Beyond Illusion
  8. Impossible Request
  9. Cover Up
  10. Impossible Request - Alt Version - Bonus Track