Jinx


Un album de sorti en chez .

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Premier album du quatuor de Brooklyn. Caressant ou indolent ?

Formé en 2016 alors que ses quatre membres fréquentaient l’université, Crumb édite son premier album après une poignée de singles qui, comme souvent, aura été l’occasion pour les chroniqueurs d’inventer de nouvelles étiquettes à rallonge pour qualifier leur pop planante et libre dans laquelle se mêlent synthés, batterie et saxo entre autres. Plutôt qu’atypique, les groupes produisant une musique qui est le résultat de la greffe de moult influences ou références étant quasiment majoritaires, Crumb rappelle les grandes heures du trip-hop quand, aux côtés des pointures connues de tous (Portishead, Massive Attack…) venaient se glisser dans la mouvance des artistes à l’univers plus foutraque, tels Monk & Cannattella, qui avaient avant tout comme point commun de produire une musique dominée par une certaine torpeur, comme si elle avait été produite dans un nuage de substances parfumées et plus ou moins licites.

Conséquence, à l’écoute de « Jinx » on finit par se demander si on a affaire à un album qui vient nous caresser les oreilles ou à un condensé d’indolence un peu trop répétitif. A dire vrai, on ne ressent pas le besoin de trancher le débat de manière trop catégorique. Premièrement parce que la voix de Lila Ramani, sans être d’une grande originalité, est suffisamment agréable pour qu’on accepte de se laisser bercer, le temps d’un Ghostride ou d’un Part III. Ensuite parce que le canevas sonore est assez bien étudié, avec une production minimaliste qui s’accommode des plages de synthés vaporeuses de Cracking et Fall Down en contrepoint d’une batterie directe qui vient donner un semblant de peps à l’ensemble. Enfin, si le recours à une diction chantée qui étire systématiquement les mots est un brin lassante, Crumb a eu la bonne idée de ne pas tartiner ses morceaux sur la longueur, au point qu’une fois les dix titres de l’album passés, on est tout juste à vingt-sept minutes.

« Jinx » s’impose donc comme un album parfait à écouter en alternance avec les albums bien plus « énervés » qui rythment l’actu de ce début d’été, à savourer en symbiose avec le rythme, c’est à dire vautré confortablement sans rien faire histoire de ne pas faire monter davantage la température qui n’en a pas besoin. Au-delà, c’est une entrée en matière prometteuse pour un groupe à même de remettre au goût du jour une ambiance qui avait quelque peu perdu ses lettres de noblesse.

Rédacteur en chef
  • Publication 911 vues25 juin 2019
  • Tags Crumb
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Tracklist

  1. Cracking
  2. Nina
  3. Ghostride
  4. Fall Down
  5. M.R.
  6. The Letter
  7. Part III
  8. And It Never Ends
  9. Faces
  10. Jinx

La disco de Crumb

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70%

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