Pochette David Assaraf

Ceux Qui Dorment Dans La Poussière


Un album de sorti en chez .

8

Longuement attendu, le premier album de David Assaraf est enfin là.

Après un EP l’an dernier, voici donc le premier album de David Assaraf. Initialement prévu à l’automne dernier, c’est ce printemps qu’il paraît, ce qui n’est pas plus mal, sachant qu’on avait déjà salué la sagesse de notre homme à prendre son temps et que si, de par son titre, “Ceux Qui Dorment Dans La Poussière” se veut un hommage aux disparus, ce n’en est pas moins aussi un acte de naissance et aucunement un manifeste morbide. L’album s’ouvre sur les déjà connus Juré Craché Sur Vos Tombes et Papillons Bleus, avec de discrets instrumentaux en interstices, et, c’est la première leçon de ce disque, l’entrée se fait sans aucun sentiment de lassitude ou de redondance mais avec un plaisir constamment renouvelé et la certitude d’avoir affaire à un album mûrement réfléchi et à même de redonner toutes ses lettres de noblesse à une chanson française où la langue, dans ses mots et son rythme, est à l’honneur, sans que cela se fasse au détriment du chant et de la musique.

Encore une fois, comme on l’avait déjà pressenti au moment de la sortie du EP, David Assaraf s’inscrit sans mimétisme forcené ni affectation dans les pas de glorieux aînés, au premier rang desquels on placera le Gainsbourg qui n’avait pas encore renoncé à chanter, ce qui est en soi une originalité et un beau pied-de-nez sachant qu’une très large franche de la chanson française a longtemps pâti et pâtit encore de son influence et ne s’est jamais complètement remise de son quasi-abandon de la forme purement chantée au détriment d’un phrasé-parlé qui, chez beaucoup, finit par ressembler à un renoncement. Alors, dire que “Ceux Qui Dorment Dans La Poussière” est un exorcisme est peut-être un brin exagéré mais, rien que pour cela, c’est déjà un album important.

Musicalement, au-delà de la production, encore une fois dans la lignée du EP, classieuse et irréprochable de Ian Caple, l’album impose un très beau dialogue entre piano et violon qui culmine dans le superbe instrumental 2609, on restera saisis par les arrangements crépusculaires et sophistiqués de Je Te L’Avais Prédit, on aime l’oscillation constante entre des moments élégiaques, baignés par une lumière discrète et portés par une poésie jamais ostentatoire, comme sur le touchant J’Attendais Mon Amour, et d’autres plus “tourmentés” qui offrent à l’album un relief indéniable.

Avec “Ceux Qui Dorment Dans La Poussière”, David Assaraf prend une place qu’à force de tourner autour, personne n’occupait dans le paysage français, porteuse d’une identité dont on peut légitimement être fiers, sans y voir aucune tendance à un repli mortifère.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Ouverture
  2. Juré craché sur vos tombes
  3. Kaddish
  4. Papillons bleus
  5. Beau et mienne
  6. Avant de retourner mourir
  7. Bord de mer
  8. Je te l'avais prédit
  9. 2609
  10. Et que rien ne m'éveille
  11. Love songe
  12. Si je n'aime la vie j'aime encore en ce moment
  13. J'attendais mon amour
  14. A une funambule
  15. Ceux qui dorment dans la poussière