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Juré Craché Sur Vos Tombes


Un album de sorti en chez .

Petit à petit, David Assaraf se dévoile.

Il y a une sagesse à prendre son temps, à se dévoiler par petites touches, à soigner chaque élément plutôt que tout envoyer d’un coup pour au final créer une tempête dans un verre d’eau et bâcler allègrement. David Assaraf a fait ce choix : un titre, Juré Craché Sur Vos Tombes, exemplaire dans son interprétation, ses arrangements et sa production, dévoilé en début d’année, agrémenté d’une vidéo tout aussi léchée dans l’image (ce qui est finalement assez logique sachant que David Assaraf est également acteur), un EP avec trois titres en plus de celui sus nommé aujourd’hui avant un album à l’automne et, en filigrane, quelques concerts pour rôder les morceaux sur scène.

“Juré, Craché Sur Vos Tombes” le EP nous éclaire un peu plus sur la patte et les ambitions de David Assaraf. Et si, histoire de rester sages nous non plus, on ne va pas s’enflammer et enchaîner les superlatifs et attendre l’automne pour livrer un verdict plus “définitif”, on peut néanmoins affirmer que David Assaraf a tous les atouts en main pour redonner à la chanson française moderne un lustre qui lui fait souvent défaut. Dans le chant, notre homme s’échine à adopter une diction claire, presque narrative parfois, sans tomber dans l’écueil récurrent d’un phrasé parlé monotone, le seul recours à cette technique se faisant sur Papillons Bleus, où la diction de David Assaraf se fait en contrepoint du chant de son complice Mathieu Chedid pour un beau duo. Il y a ensuite une véritable ambition d’écriture, au niveau des textes bien sûr, soignés, qui évoquent l’amour, la vie, la mort, l’attachement à des êtres chers d’une plume sobre, et plus encore musicalement, avec des mélodies amples et une production, signée Ian Caple, de grande classe, que ce soit sur les envolées de cordes du morceau titre ou d’Et Que Rien Ne M’Eveille ou le piano cabaret de Si Je N’Aime La Vie J’Aime Encore Ce Moment.

Enfin, plutôt que chercher à dynamiter la chanson, à la bousculer, David Assaraf au contraire s’y immerge complètement, assume une filiation, au risque de convoquer des figures tutélaires, certes, mais qui ne lui feront pas d’ombre. Car il y a dans ces quatre titres une telle envie de bien faire, sans prétention excessive mais sans non plus restreindre les ambitions, qu’on aura tendance à classer David Assaraf parmi ceux qui se donnent un point de départ bien identifié pour mieux fixer l’horizon.

Rédacteur en chef