Hunky Dory


Un album de sorti en chez .

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"Comme sur des roulettes"... Telle est la traduction de l'anglais du terme familier "Hunky Dory". Une expression qui résume à elle seule les prémisses de Ziggy Stardust avec ce diamant glam-rock dénuée de la moindre fausse note...

Tout le monde se souvient ou presque de ses premiers émois avec David Bowie. Les miens ont surgi un jour de printemps jonché sur un parquet, posté près d’une vieille platine meublée d’une vingtaine d’albums rock des seventies. Parmi les Cat Stevens, Creedence et autres Joe Cocker, trônait un 33 tours à la pochette saisissante, le seul qui m’ait réellement provoqué une irrésistible envie d’actionner ce plateau de lecture. Dès lors, les premières minutes de cet objet fascinant ont totalement transformé ma conception de la musique. J’avais alors élucidé son message, bu ses compositions jusqu’à la lie, démêlé la puissance de son illustration et déniché une tonne d’adjectifs à l’ensemble en un temps, à l’époque pour moi, totalement record. J’avais immédiatement trouvé à cet ovni androgyne une classe hors du commun, mêlant le lyrisme, le visuel, le théâtralisme et l’émotionnel avec une authenticité que je n’avais idolâtré aussi promptement chez aucun autre artiste. Mon coeur de mélomane venait de cueillir sa muse, son intemporelle révélation. Un coup de foudre dénommé « Hunky Dory », supplanté par ce faciès angélique qu’on appelait, qu’on appelle et qu’on appellera pour toujours David Bowie. Pour sûr, et ce jusque ma propre extinction, les deux ne me quitteront plus jamais…

En cette année 1971, Bowie incarne parmi d’autres l’androgynie et le glam-rock au coeur de l’austère Grande-Bretagne de l’époque. Le glam, un genre musical où des caractéristiques stylistiques féminines se conjuguent à la musique rock, à la culture pop et aux esprits de science-fiction de ses protagonistes. Si les deux premiers points illustrent clairement son troisième album « The Man Who Sold The World » (1970) et, ici, « Hunky Dory », il se murmure déjà que David Bowie prépare un coup grandiloquent pour compléter le trident, à savoir, créer dans un futur proche un personnage à l’intelligence extraterrestre venu délivrer un message de paix.

Aux prémisses de l’avènement de Ziggy Stardust (qui naîtra quelques mois plus tard), notre homme jette donc avec cet album un dernier coup de collier avant le premier grand virage de sa carrière. « Hunky Dory » le bien nommé se veut telle une pièce caméléon, une oeuvre de transition dans laquelle il condense ses inspirations et les sels de son existence artistique, à savoir cette science avant-gardiste dont il fut à l’époque l’un des rares à transposer aussi admirablement sur partitions, et où ses penchants pour le music-hall, jazz, rock et folk trônaient tels des alliés fondamentaux afin d’étayer sa créativité.

La résultante fait de « Hunky Dory » une collection au magnétisme renversant, où se succèdent tour à tour des pièces pop aujourd’hui incontournables (Changes, Oh! You Pretty Things, Life On Mars?), différents hommages à ses mentors de l’époque (Song For Bob Dylan, l’ami et concepteur de l’iconique illustration de l’album Andy Warhol…) ou autres moments plus intimistes comme rarement entendu jusqu’alors chez Bowie, mué en rhapsode mélancolique au lyrisme aiguisé (Eight Line Poem, The Bewlay Brothers). L’habile démonstration n’aurait alors été complète sans ces quelques autres trésors, classieux jusqu’au bout des médiators de Mick Ronson, aux lignes de basse de Trevor Bolder et aux doigts virtuoses de Rick Wakeman : Kooks, ou l’histoire délicieuse de la naissance d’un enfant naturellement synonyme d’espoirs, composé avec tendresse pour son fils Duncan; le formidable Quicksand comparant les pensées de l’être, heureuses autant que brutales, aux sables mouvants; sans oublier Fill Your Heart, ses saxo et violon virevoltants aux atmosphères de comic opera, divin condensé de bonheur et de divertissement admirablement desservi.

La moralité voudrait que ce quatrième album ait été l’un des moins rock du caméléon Bowie. Il aura finalement été la typographie parfaite du talent et de l’éclectisme d’un monument qui aimait s’affranchir des codes et, par dessus tout, démarquer son image et sa musique avec classe et ingéniosité. Parmi tant d’autres éclaboussés de son inimitable griffe, l’album est culte. Son bienfaiteur, lui, le demeurera jusque l’éternité…

 

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  • Publication 1 068 vues30 janvier 2016
  • Tags David BowieRCA
  • Titres recommandés Changes - 2015 Remaster Oh! You Pretty Things - 2015 Remaster Eight Line Poem - 2015 Remaster Life on Mars? - 2015 Remaster Kooks - 2015 Remaster Quicksand - 2015 Remaster Andy Warhol - 2015 Remaster Song for Bob Dylan - 2015 Remaster The Bewlay Brothers - 2015 Remaster
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Tracklist

  1. Changes - 2015 Remaster
  2. Oh! You Pretty Things - 2015 Remaster
  3. Eight Line Poem - 2015 Remaster
  4. Life on Mars? - 2015 Remaster
  5. Kooks - 2015 Remaster
  6. Quicksand - 2015 Remaster
  7. Fill Your Heart - 2015 Remaster
  8. Andy Warhol - 2015 Remaster
  9. Song for Bob Dylan - 2015 Remaster
  10. Queen Bitch - 2015 Remaster
  11. The Bewlay Brothers - 2015 Remaster

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