let's dance

Let’s Dance


Un album de sorti en chez .

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Quoi qu'en disent ses fans des premiers jours, avec "Let's Dance", Bowie a marqué une époque en se renouvelant encore une fois. Que penser, donc, de cet album à la croisée entre le Bowie devenu mainstream et l'étrangeté de ses débuts ?

Son quinzième album studio a permis à David Bowie d’entrer dans le cercle fermé des gros vendeurs de disques des années 1980. “Let’s Dance” reste à ce jour l’album de Bowie le plus vendu à travers le monde. Il est donc intéressant de se demander si ce disque n’est que purement commercial, trop éloigné du Bowie marginal originel. Ou s’il n’est pas plutôt un élément indispensable à sa discographie, en tant que transposition de sa sensibilité, toujours aussi forte et présente, dans un style qu’il n’avait encore pas totalement exploré. Certes, ce disque était dans l’air du temps et non plus forcément à l’avant-garde ou même hors du temps comme ont pu l’être ses précédentes productions. Mais ce reproche parait finalement bien faible face à la qualité des 8 titres. Avec l’aide de Nile Rodgers, Bowie nous livre ici des morceaux sans doute bien calibrés, manquant peut-être de folie juvénile, mais toujours aussi bons. Qui peut prétendre ne jamais avoir dansé sur Let’s Dance ou chantonné China Girl ?

Nous ne sommes évidemment pas ici pour évaluer le talent de ce grand homme de la musique, mais plus pour prendre un peu de recul sur son oeuvre. Cette oeuvre si marquante qu’elle peut dire quelque chose de la musique, et puis de l’homme. Lorsqu’on écoute Bowie chanter, on entend avant tout un homme. Un homme qui représentait l’artiste libre, mettant en musique sa différence,  ses questionnements, son être au monde, sa vie, la vie tout simplement. Tout cela sans se préoccuper du regard de l’autre. C’est peut-être pour cela que “Let’s Dance” apparait parfois comme un intrus dans la carrière de Bowie, car c’est un album qui en un sens se soucie du regard de l’autre, en se plaçant dans un rapport de séduction avec ses sonorités accrocheuses, accessibles et dansantes, et ses clips faits pour passer sur MTV.

Mais cet album, malgré ses bases parfois assez faciles, n’en reste pas moins un objet singulier et ô combien digne d’intérêt. Maintenant que le maitre est parti il ne nous reste plus qu’à apprécier ce qu’il nous a laissé, une épopée musicale, un voyage initiatique de 25 albums à effectuer à travers la complexité de cet homme qui a anobli la différence en chantant.

 

Chroniqueur
  • Publication 1 128 vues17 janvier 2016
  • Tags David BowieEMI
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La disco de David Bowie