Low


Un album de sorti en chez .

7

"Low", ou la thérapie par infanticide.

1976, David Bowie, après avoir réalisé un rêve (« Young Americans« ) et un authentique chef-d’oeuvre (« Station To Station« ) en à peine deux ans au Etats-Unis, est sur le point de succomber à ses démons qui ont trouvé à Los Angeles un terrain fertile. L’instinct de survie aura été certainement le déclencheur de la décision de Bowie, celle de revenir en Europe. Accompagné de son ami Iggy Pop, en guère meilleur état, l’Anglais claque la porte à la bannière étoilée. Un premier arrêt en France, au château d’Hérouville, fera l’objet des premiers essais conduisant à deux albums mythiques et primordiaux dans l’histoire de la musique underground, « The Idiot » de Iggy Pop et « Low », le premier épisode de la trilogie berlinoise de David Bowie…

Car, oui, ces deux opus auront éclos dans des studios de Berlin, qui semble être un Eldorado musical pour Bowie, de plus en plus obsédé par les sonorités krautrock qui y sont nées. Ce sera l’occasion d’une première collaboration de deux monstres sacrés : Bowie et Brian Eno, qui sera le « machiniste » derrière la trilogie berlinoise. Eno a été choisi pour, dixit Bowie, lui permettre « d’inventer un nouveau langage musical ». Excités par tous les nouveaux outils que Tony Visconti (producteur régulier de Bowie) leur dégote autant que part l’atmosphère de Berlin Ouest, les artistes se mettent en branle avec un leitmotiv clair, habituel chez Bowie, se défaire du passé. Quand on entend le rendu, il est clair que le son d’Eno est né de cette époque. Les Talking Heads, notamment ne peuvent décemment renier cet album.

« Low » est un album déconcertant à bien des égards, et de loin le moins accessible de Bowie. D’ailleurs, les ventes en attesteront. A cela plusieurs raisons : Bowie, après les avoir subis, est en lutte perpétuelle contre ses démons, paranoïa et drogues. A côté de cela, la construction de l’album se fera au rythme que vont mettre Bowie, ses musiciens soul et Eno le minimaliste pointilleux, à s’apprivoiser. Cette schizophrénie et cette tension constante rejaillissent clairement sur l’album dont le malaise latent est palpable. C’est d’ailleurs bien la première fois que l’efficacité, la fluidité des compositions de Bowie est mise à mal par son désir d’expérimentation.

Ressemblant parfois à une « simple » relecture de « Station To Station » par Brian Eno, l’album en est une version quelque peu vidée de son contenu « venant des tripes » au profit d’une production d’une richesse et d’une inventivité résolument futuriste. A New Carrer In A New Life, est un titre assez symptomatique de la démarche. En premier lieu c’est un instrumental, en cela est résumé l’accent clairement mis sur l’identité sonore de l’opus, Warszawa, le titre suivant, fera même l’objet de la création d’une langue spécifique…. En second lieu, le titre démarre tel un ersatz de l’électro naissante, pour vite exploser sur un harmonica totalement détourné de ses habituels usages de l’époque, offrant un accompagnement en « complainte », presque plus synthétique que les machines. A côté de cela, la basse funky d’un Sound And Vision, offre elle un boulevard aux contrastes minimalistes qu’Eno veut imposer à la mélodie. Globalement, « Low » expérimente le brouillage des acquis et l’intégration de machines de pointe produisant des sonorités clairement révolutionnaires. En cela Eno, aura imposé le concept d’environnement musical qui lui est cher.

Ce n’est pas avec « Low » que Bowie montrera son génie, marier expérimentations artistiques et musique populaire. Par contre, il n’aura, à l’image de bien d’autre artistes, de cesse d’y piocher idées et inspiration au fil de sa carrière, dès son successeur d’ailleurs, le magnifique « Heroes« . Sans être, à mon sens sa plus grande réussite artistique, il s’agira certainement de l’album de David Bowie le plus ambitieux, et par extension, le plus culte. En tout cas il semble à l’écoute des suivants que « Low » est un homicide caractérisé du passé artistique de Bowie qui lui aura permis de venir à bout de beaucoup de ses démons.

S’il ne devait en rester qu’un titre : Be My Wife.

Webmaster

Tracklist

  1. Speed of Life - 2017 Remaster
  2. Breaking Glass - 2017 Remaster
  3. What in the World - 2017 Remaster
  4. Sound and Vision - 2017 Remaster
  5. Always Crashing in the Same Car - 2017 Remaster
  6. Be My Wife - 2017 Remaster
  7. A New Career in a New Town - 2017 Remaster
  8. Warszawa - 2017 Remaster
  9. Art Decade - 2017 Remaster
  10. Weeping Wall - 2017 Remaster
  11. Subterraneans - 2017 Remaster

La disco de David Bowie

70%

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Low7
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David Bowie
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