To Where The Wild Things Are


Un album de sorti en chez .

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Dans le brasier du catalogue de Fire Records, une sortie a particulièrement allumé la flamme de notre attention : Death And Vanilla, trio de Malmö qui fera oublier que l’héritage musical suédois s’appelle aussi Abba. “To Where The Wild Things Are”...

Dans le brasier du catalogue de Fire Records, une sortie a particulièrement allumé la flamme de notre attention : Death And Vanilla, trio de Malmö qui fera oublier que l’héritage musical suédois s’appelle aussi Abba. “To Where The Wild Things Are” est leur second disque, qui se situe quelque part entre la bande originale un peu poussiéreuse d’un film fantastique, le faste psychoactif baroque des sixties et les synthétiseurs ondulants des seventies.

Mais le titre est trompeur ; pas si wild thing que ça, ce superbe album aux contours oniriques offre davantage de délicatesse et de douceur que de vitesse et de fureur. Il s’écoute d’une oreille attentive, envoûtée même, se laissant aller à l’appréciation d’un univers sombre et enchanteur pour une immersion complète. La voix éthérée de Marleen Nilsson, esprit fantomatique qui parcourt le disque avec grâce, fait émerger une sensation de flottement, l’impression de graviter et de tutoyer les astres. Shadow And Shape en est le meilleur exemple.

Quant à l’armada musicale déployée sur “To Where The Wild Things Are”, elle mérite une mention particulière : harmonies jouées sur un mode trouble, collages sonores évanescents (The Hidden Reverse), arrangements hantés (California Owls), rengaine entêtante (Necessary Distortions). Les claviers s’y taillent une jolie place avec mellotron, orgue – Ray Manzarek plane sur Something Unknown You Need To Know -, synthétiseur et vibraphone, et donnent à cet album puissance et hauteur.

Death And Vanilla écrit ici la partition d’une musique originale, belle, habile, expérimentale juste ce qu’il faut et pleine de ressources. “To Where The Wild Things Are” recèle des trésors de subtilités tourmentées et de sonorités étincelantes. Disque en clair-obscur à l’aura vacillante, le trio suédois fait ici briller l’argenterie de leurs influences et lui rend son lustre d’antan sans tomber dans le piège d’un passéisme psalmodié superfétatoire. Merci !

Chroniqueur

Tracklist

  1. Necessary Distortions
  2. The Optic Nerve
  3. Arcana
  4. California Owls
  5. Time Travel
  6. Follow the Light
  7. Shadow and Shape
  8. The Hidden Reverse
  9. Moogskogen
  10. Something Unknown You Need to Know

La disco de Death And Vanilla