Destroyer - Destroyer's Rubies

Destroyer’s Rubies


Un album de sorti en chez .

7

Drôle d’oiseau que ce Dan Bejar : si on le croise régulièrement du côté des New Pornographers, ce prolifique canadien, en activité depuis une bonne dizaine d’années, il a fait évoluer son Destroyer d’un projet solo démarré au fond d’une chambre en un ovni de pop épique assez fascinant. “Destroyer’s Rubies”, septième album en date […]

Drôle d’oiseau que ce Dan Bejar : si on le croise régulièrement du côté des New Pornographers, ce prolifique canadien, en activité depuis une bonne dizaine d’années, il a fait évoluer son Destroyer d’un projet solo démarré au fond d’une chambre en un ovni de pop épique assez fascinant.

“Destroyer’s Rubies”, septième album en date de ce vrai-faux groupe, est brillant, excessif, intelligent, à l’image probablement de son géniteur. De prime abord, l’objet interloque : ni véritablement abscons, du fait de ses mélodies souvent accessibles, ni franchement facile d’écoute, “Destroyer’s Rubies” éveille la curiosité. Une curiosité largement récompensée car l’auditeur, une fois ses marques prises, pourra enfin jouir pleinement des généreuses richesses de l’album.

Destroyer, au mépris le plus total des conventions pop, n’hésite pas à étirer ses chansons au-delà du raisonnable (plus de neuf minutes pour Rubies, plus de sept pour Looter’s Follies), avec pourtant suffisamment de flair pour que tout semble couler de source. Il faut reconnaître que Bejar démontre un talent pour trousser des refrains séduisants et fédérateurs (A Dangerous Woman Up To A Point ou Watercolours Into The Oceans) ou des riffs percutants et efficaces (3000 Flowers).

Son style vocal, plus souvent parlé que chanté, parfois proche d’un Lloyd Cole ou lointainement évocateur d’un David Bowie circa “Hunky Dory” pourra dérouter aux premières écoutes, mais s’intègre finalement parfaitement aux instrumentations très travaillées – piano, orgue, quelques cuivres, des guitares très seventies…

Au final, on retient de ce “Destroyer’s Rubies” un véritable souffle, une inspiration constante qui rendent cette pop atypique terriblement attachante.

Chroniqueur