Bitte Orca


Un album de sorti en chez .

7

Bien que présents sur la scène indé depuis plus de sept ans, Dave Longstreth et ses Dirty Projectors n’ont réussi à sortir d’un relatif anonymat qu’en 2007 avec « Rise Above », étrange concept-album où Longstreth tentait de reconstituer un disque de Black Flag tel qu’il s’en souvenait, sans l’avoir écouté depuis une dizaine d’années. Cet album, […]

Bien que présents sur la scène indé depuis plus de sept ans, Dave Longstreth et ses Dirty Projectors n’ont réussi à sortir d’un relatif anonymat qu’en 2007 avec « Rise Above », étrange concept-album où Longstreth tentait de reconstituer un disque de Black Flag tel qu’il s’en souvenait, sans l’avoir écouté depuis une dizaine d’années. Cet album, à l’instar des précédents du groupe, avait beau avoir de beaux moments, était trop expérimental, obtus et hermétique pour séduire une large audience. Sur « Bitte Orca », Longstreth a finalement mis de l’eau dans son vin, et grand bien lui en a pris.

Même s’il peut-être rangé sans hésitation dans le rayon rock indépendant, il y a plus de styles musicaux digérés sur cet album (voire même sur la seule Useful Chamber) que dans la discographie de groupes les plus aventureux ; ses mélodies restent pourtant d’une parfaite fluidité et les chansons se succèdent le plus naturellement du monde.

Essentiellement centré autour d’une guitare et de trois voix (Longstreth s’entourant comme sur « Rise Above » de deux jeunes femmes aux timbres cristallins), l’album réussit l’exploit funambule d’être en permanence expérimental et accueillant, bruitiste et mélodique dans une fascinante course en avant. Evoquant, sans jamais perdre son identité propre, aussi bien Animal Collective que Nick Drake,  taquinant même Timbaland sur le morceau le plus accrocheur de l’album, Stillness Is The Move, épatante symbiose orientalisante de folk et de hip-hop. Et c’est la scène actuelle dans son intégralité qui est revisitée sur l’insaisissable Useful Chamber qui alterne sans effort beats électros, rythmiques hip-hop, bruissements art-pop et explosions rock.

Déstabilisant au premier abord mais de plus en plus gratifiant à chaque écoute, « Bitte Orca » se révèle comme une surprise majeure, l’explosion au grand jour d’un immense talent qui a su enfin concilier ses ambitions artistiques et son génie pop pour accoucher d’un des incontournables de l’année.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Cannibal Resource
  2. Temecula Sunrise
  3. The Bride
  4. Stillness Is The Move
  5. Two Doves
  6. Useful Chamber
  7. No Intention
  8. Remade Horizon
  9. Fluorescent Half Dome

La disco de Dirty Projectors