Swing Lo Magellan


Un album de sorti en chez .

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Quand on évoque les Dirty Projectors, on a du mal à mettre les mots les uns à la suite des autres pour vous parler de leur musique tant elle ne s'inscrit dans aucun schéma véritablement connu. C'est d'ailleurs ce qui nous plait chez eux.

La musique des Dirty Projectors pourrait se résumer à une expression du quotidien assez simple : « ça passe ou ça casse ». Il y a donc par conséquent des auditeurs qui vont supporter 2 secondes et demi une musique pouvant causer une indigestion et d’autres qui verront au travers de ces constructions complexes et par moment bruyantes une musique qui offre quelque chose de différent. Nous faisons bien évidemment partie de cette deuxième catégorie d’auditeurs.

Passé le constat évident que la pochette du disque n’a pas dû être le poste de dépense le plus élevé dans le coût de production de « Swing Lo Magellan », musicalement, on est forcés de prendre une baffe monumentale. Le groupe n’a pas perdu son style non identifié (ne me demandez pas d’enchaîner ici les genres musicaux qui, mis bout à bout, ne veulent plus rien dire) et une première écoute rappelle une démangeaison suite à une piqûre de moustique. Depuis « Bitte Orca » en 2009, chef d’oeuvre immense de bordel inqualifiable, le groupe nous avait crucifié avec une ré-édition enrichie en 2010 et une apparition sur la compilation unanimement appréciée « Dark Was The Night ».

A l’écoute de Offspring Are Blank, titre d’ouverture ou les beats pourraient laisser penser que Sufjan Stevens est passé par là, David Longstreth se racle la gorge avant de débiter son flow impressionnant et de faire évoluer le titre en nouvel hymne à la joie. D’ailleurs, toute la musique du groupe est construite sur beaucoup de faux-semblants, ce qui était observé sur « Bitte Orca » est sublimé ici. Tout s’enchaîne avec un certain naturel et les titres les plus dépouillés (Swing Lo Magellan, Just From Chevron) croisent les plus complexes (About To Die, Gun Has No Trigger, See What She Seeing). C’est un album très travaillé, bénéficiant de beaucoup d’orchestrations (Impregnable Question), sans temps mort, où les montagnes russes prises par les voix sont délicieuses, autant que les compositions intimistes et tordues (Maybe That Was It, où l’on croirait entendre Thom Yorke).

Les américains de Brooklyn (encore et toujours ce vivier sans fin) réussissent un coup de maître et nous forcent à appréhender la musique autrement. La richesse de « Swing Lo Magellan » est telle que le disque trônera un bon moment sur votre pile à écouter et fait figure d’incontournable de l’année.

http://youtu.be/v9GZAFH_Y8k

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Offspring Are Blank
  2. About to Die
  3. Gun Has No Trigger
  4. Swing Lo Magellan
  5. Just From Chevron
  6. Dance For You
  7. Maybe That Was It
  8. Impregnable Question
  9. See What She Seeing
  10. The Socialites
  11. Unto Caesar
  12. Irresponsible Tune

La disco de Dirty Projectors