Are Sing, Sinck, Sing


Un album de sorti en chez .

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Efrim Manuel Menuck déja de retour, cette fois accompagné.

Toujours sur la brèche, entre la publication d’un nouvel album solo l’an dernier, une tournée à venir avec Godspeed You! Black Emperor, Efrim Menuck a trouvé le temps d’offrir quelques concerts pour transposer en live son album « Pissing Stars » et avait, pour l’occasion, engagé Kevin Doria pour l’accompagner. Comme, bien sûr, jouer en live ne suffisait pas, le duo a profité de la tournée pour écrire quelques morceaux ensemble et « Are Sing, Sinck, Sing » en est le résultat.

Comme souvent chez Efrim, le propos est grave mais pas désespéré, la forme est tortueuse et pas forcément aimable de prime abord, qu’il soit accompagné ou pas. Alors où est la patte de Kevin Doria sur cet album ? Peut-être dans le recours plus fréquent à des « drones » certes triturés mais pas torturés, plutôt qu’à l’habitude d’Efrim de recourir à des lignes de guitare sursaturées souvent oppressantes et parfois difficiles à supporter pour les oreilles, un climat général qui, l’air de rien gagne en lumière sans perdre en exigence. Car, évidemment, encore une fois, « Are Sing, Sinck, Sing » n’est en rien un album d’easy-listening et il faut un minimum de patience pour se l’approprier. Toutefois, si une écoute rapide pourrait nous laisser croire qu’on a affaire à du déja entendu avec ces longs morceaux emphatiques et un brin sentencieux au grain marqué interprétés de cette voix aigüe si particulière, ce ne serait définitivement pas juste de dresser ce constat et d’en rester là.

Car, qu’on le veuille ou non, dans les interstices, Kevin Doria parvient à imposer sa patte, qu’on pourrait décrire comme un léger rayon de soleil qui perce la brume et jette une lumière blafarde mais pas forcément froide sur les morceaux. Conséquence, l’album ressemble par moments à une version à peine plus radicale des classiques du shoegazing, l’évidence pop en moins. Mais, même au niveau des mélodies, il y a toujours des éléments, un fil conducteur soucieux de faire le lien avec l’auditeur, de lui montrer un minimum de bienveillance. On le trouve dans ce filet de voix qui subsiste au sein du magma sonore de A Humming Void An Emptied Place, dans la structure globale de Do The Police Embrace. Certes, on aura plus de mal à sortir de l’austérité sur Joy Is On her Mount And Death Is On Her Side, mais We Will boucle l’album avec une beauté noire à même de nous convaincre qu’Efrim Manuel Menuck n’est pas un prophète du malheur mais, encore et toujours, une figure exigeante et importante toujours là pour faire vivre une certaine idée de la musique engagée sans être confinée dans ses schémas. Ceux qui refuseront toujours tout formatage de la musique sauront reconnaître l’un des leurs.

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Do the Police Embrace?
  2. Fight the Good Fight
  3. A Humming Void an Emptied Place
  4. Joy Is on Her Mount and Death Is at Her Side
  5. We Will

La disco de Efrim Manuel Menuck & Kevin Doria