Me and Armini


Un album de sorti en chez .

Lorsqu’elle est apparue en 1999 avec son premier album, Emiliana Torrini a immédiatement séduit grâce à sa voix et quelques titres bien sentis. Cependant, la production clinquante du disque et la volonté assumée de surfer sur la vague Björk, en focalisant l’attention sur ses origines en partie islandaises, sentaient le coup téléguidé par sa maison […]

Lorsqu’elle est apparue en 1999 avec son premier album, Emiliana Torrini a immédiatement séduit grâce à sa voix et quelques titres bien sentis. Cependant, la production clinquante du disque et la volonté assumée de surfer sur la vague Björk, en focalisant l’attention sur ses origines en partie islandaises, sentaient le coup téléguidé par sa maison de disques. Ainsi, "Fisherman’s Woman" véritable manifeste de sobriété des arrangements et de grâce mélodique, apparaissait un peu comme une volonté de tourner la page et de reprise en mains de sa carrière par Emiliana Torrini elle-même. 

"Me and Armini" est donc un album où les compteurs sont remis à zéro, le premier sur lequel Emiliana peut laisser parler ses envies et sa sensibilité, sans arrière-pensées. L’introductif Fireheads nous signifie d’emblée que l’artiste continue de s’inscrire dans une logique d’arrangements délicats et légers, qui conviennent d’ailleurs parfaitement à son timbre de voix. Elle confirme également un talent de mélodiste éprouvé et cela tout au long de l’album, des titres tels que Ha ha ou Beggar’s prayer étant de véritables petits bijous. 

Mais l’album n’est en rien une redite du précédent car ce qui donne son relief à "Me and Armini", c’est le bel éclectisme dont il sait faire preuve; Ainsi, Me and Armini se pare d’arrangements plus dansants, tout comme Heard it all before ou Big jumps, titre pop radieux et enlevé sur lequel l’Islandaise semble de plus prendre un malin plaisir à citer l’air de rien le Walk on the wild side de Lou Reed. Mais, plus que tout autre, c’est peut-être Birds qui incarne le mieux la réussite de cet album. D’abord parce que ce morceau est de la veine de ces ballades oniriques et élégiaques dont on ne se lasse jamais. Qui plus est, après une première moitié tout en dépouillement, le morceau se pare petit à petit d’arrangements subtils et riches qui lui donnent des sonorités plus modernes. Emiliana Torrini était jusque là une artiste qui avait fait quelques apparitions et qu’on avait accueilli avec bienveillance, sans lui attacher plus d’importance. Il se pourrait bien que désormais, les choses changent très vite…

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Fireheads
  2. Me And Armini
  3. Birds
  4. Heard It All Before
  5. Ha Ha
  6. Big Jumps
  7. Jungle Drum
  8. Hold Heart
  9. Gun
  10. Beggar’s Prayer
  11. Dead Duck
  12. Bleeder