Cheer gone


Un album de sorti en chez .

Après l’épopée des Gorky’s zygotic mincy, groupe bien allumé dont la notoriété devait pas mal à leur nom étrange et à leur utilisation du gallois dans leur chant, leur leader, Euros Childs, a entamé une carrière solo discrète, et changé de cap. Ainsi le psychédélisme bariolé a peu à peu laissé la place à une […]

Après l’épopée des Gorky’s zygotic mincy, groupe bien allumé dont la notoriété devait pas mal à leur nom étrange et à leur utilisation du gallois dans leur chant, leur leader, Euros Childs, a entamé une carrière solo discrète, et changé de cap. Ainsi le psychédélisme bariolé a peu à peu laissé la place à une écriture pop assez simple, directe et soignée. Autant le dire tout de suite, dans l’absolu, Euros Childs ne renverse pas les montagnes, rien d’exceptionnel ne se passe sur ses albums, et "Cheer gone" n’y changera rien. Le début d’album, avec Autums leaves puis Summer days, deux titres dont la simplicité ne recèle aucun mystère, nous place vite en terrain connu : instrumentation parcimonieuse, chant appliqué, jolies mélodies apaisées et lumineuses. L’écoute est agréable, mais bien sûr la limite pourrait être qu’à être trop entourés d’éléments familiers, on se lasse très vite. 

Mais si "Cheer gone", dans sa forme, ne vient rien bousculer, il reste néanmoins un disque fort attachant si on se concentre dessus. Car pour Euros Childs, il constitue un pas de plus vers une épure, une quête de l’essentiel. Et quand le résultat est réussi, au point qu’un album ne contienne pas de morceaux faibles, que son auteur est aussi à l’aise en se posant au piano (Always thinking of her) qu’au banjo (My love is gone), ça mérite qu’on s’y attarde. Comme souvent en pareil cas, cette patience est récompensée, et on trouve une ou deux perles tranquillement tapies dans leur écrin. Ainsi, le grave et solennel Farm-hand murder, porté par un chant impeccable est une splendide chronique comme ne savent en faire que les très grands songwriters, d’où qu’ils viennent. Plus loin, avec O ein daear, seul rappel du disque des racines de son auteur, on est touché par le côté à la fois respectueux et incantatoire du morceau. 

Finalement, la force de cet album est sans doute de ne pas tenir compte de savoir si d’autres font mieux, avec plus de brio. Ce qui prime est la sincérité de la démarche, sans faux-semblants ni esbrouffe. On ne va pas se priver de mettre en avant de telles valeurs.

Rédacteur en chef

La disco de Euros Childs