Good Man Down


Un album de sorti en chez .

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On prête toujours une oreille plus attentive et complaisante aux labels que l’on aime, ceux que l’on sait capables de dénicher la perle rare même au fin fond de territoires pas forcément connus pour leur « penchant pop ». Talitres est un de ces labels référents, Tallin (capitale de l’Estonie) une des ces destinations exotiques. Les deux […]

On prête toujours une oreille plus attentive et complaisante aux labels que l’on aime, ceux que l’on sait capables de dénicher la perle rare même au fin fond de territoires pas forcément connus pour leur « penchant pop ». Talitres est un de ces labels référents, Tallin (capitale de l’Estonie) une des ces destinations exotiques. Les deux avaient peu de chances de communier dans nos préjugés sur la qualité de la musique estonienne que l’on ne connaît que par le prisme annuel, certes désuet, de l’Eurovision.

Pourtant, c’est bien du côté de Tallin que Sean Bouchard est allé chercher la dernière pépite du label bordelais. Avec la chute du bloc communiste à la fin des années 80, c’est tout un pan de l’Europe de l’Est qui s’est ouvert à la musique rock, pas forcément en odeur de sainteté du temps du Parti unique. Ewert and The Two Dragons est donc un des premiers rejetons de cette génération de musiciens biberonnés à la pop plutôt qu’au classique, moins soumis au regard accusateur et inquisiteur de l’oeil de Moscou.

A l’écoute de « Good Man Down », le deuxième album de Ewert Sundja et ses 3 acolytes, il est difficile de trouver une quelconque trace de leur origine « exotique » dans leur musique. Celle-ci aurait très bien pu avoir été écrite à Brighton, Stockholm, Bruxelles ou Clermont-Ferrand. Une pop-folk plutôt classique dans sa composition et ses arrangements soignés (handclaps, percussions, harmonies vocales), un alliage parfait entre la simplicité et l’efficacité, que l’on retrouvait notamment sur les premiers albums de Noah & the Whale et de Stornoway, qui fait mouche à tous les coups, notamment sur un début d’album en fanfare (de In The End There’s Only Love à Jolene).

La suite, moins primesautière, n’en reste pas moins, elle aussi, marquée par cette parfaite alchimie entre le grand classicisme des mélodies et la redoutable efficacité des harmonies et des arrangements (Sailor Man ; Road To The Hill). Rassurant, à une époque où la recherche de la nouveauté en matière de composition frise à l’obsession et tourne souvent à la mauvaise mayonnaise. Une belle découverte.

Chroniqueur

Tracklist

  1. [In The End] There's Only Love
  2. Good Man Down
  3. Jolene
  4. Panda
  5. Burning Bush
  6. Sailor Man
  7. The Rabbit
  8. Road To The Hill
  9. Falling
  10. You Had Me At Hello
  11. I Can See Yer House From Here

La disco de Ewert and The Two Dragons