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Pure Comedy


Un album de sorti en chez .

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Father John Misty et son troisième opus solo, où l'art de l'exaltation (trop) frénétique...

Disons-le d’entrée, s’attaquer au troisième et nouvel album de l’ex-Fleet Foxes Father John Misty s’apparente à l’ascension inédite d’un haut sommet, si élevé même que les certitudes d’en atteindre le point culminant ne sont aucunement garanties. En première ligne tout d’abord, le personnage facétieux et ambivalent que son géniteur s’est construit au fil des albums, classieux et sentimental autant que sarcastique et déprimé, si bien qu’on ne sut, au préalable, à quoi s’attendre autour mais surtout au coeur de ce recueil succédant au remarquablement allégorique “I Love You, Honeybear”. Secondement, les soixante-quinze minutes proposées et reparties en treize morceaux ont matière a rebuter l’auditeur avant même les premières lectures, et il faudra un indéniable effort d’écoute pour rester en haleine et non subir un long chemin de croix.

Fort heureusement, cette nouvelle plongée dans l’univers de Josh Tillman conserve toutes les dispositions discernées sur ses précédents opus : timbre singulier et audacieux, sens inné de la mélodie et songwriting aiguisé, étayées ici par de soyeuses sérénades où les textes se lovent en harmonie au combo voix/instrus (le morceau-titre Pure ComedyThings It Would Have Been Helpful To Know Before The Revolution, Smoochie). On apprécie également ces références à la musique afro-américaine, saupoudrées avec juste modération et sans verser dans un quelconque cliché glorificateur (cuivres en mode jazzy sur Total Entertainment Forever, chœurs aux dominantes soul évangélique sur les dernières secondes de Ballad Of a Dying Man, claviers nickelodeon sur A Bigger Paper Bag…). Actionnés sur des tempos cousus et alanguis, les propos fluctuent sur différents sujets traitant de l’état du monde contemporain, des relations humaines annihilées par la technologie jusqu’aux dérives de la célébrité, avec un passage évident par la politique, lui le patriote désabusé qui décrivait il y a deux ans ses états d’âme sur Bored In The U.S.A. et que la récente élection de Donald Trump n’aura fait qu’amplifier.

 

 

Habité d’une inspiration débordante, Tillman va pourtant en omettre l’esprit de concision et provoquer, malgré lui, une cassure irréversible à partir des treize minutes du titre Leaving L.A., une étape où il s’avérera ensuite ardu de détacher une autre piste du lot, en dépit d’une immuable douceur qui ferait presque placer l’ensemble en un affectueux disque d’ambiance. Même la rutilance du terminal In Twenty Years Or So ne parviendra guère à déloger de notre esprit l’idée que cet album aux desseins louables méritait, à terme, un bien meilleur sort. Pour ne pas paraphraser un chanteur à moustache hexagonal qui fut lui aussi amoureux des mots, et qui résume au passage idéalement la situation : “Pourtant que la montagne est belle”, mais dieu que ses cîmes, aussi limpides qu’elles puissent paraître, sont parfois difficiles à atteindre…

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  • Publication 830 vues11 avril 2017
  • Tags Father John MistyBella Union
  • Titres recommandés Pure Comedy Total Entertainment Forever Things It Would Have Been Helpful to Know Before the Revolution Smoochie
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Tracklist

  1. Pure Comedy
  2. Total Entertainment Forever
  3. Things It Would Have Been Helpful to Know Before the Revolution
  4. Ballad Of The Dying Man
  5. Birdie
  6. Leaving LA
  7. A Bigger Paper Bag
  8. When The God Of Love Returns There'll Be Hell To Pay
  9. Smoochie
  10. Two Wildly Different Perspectives
  11. The Memo
  12. So I'm Growing Old On Magic Mountain
  13. In Twenty Years Or So

La disco de Father John Misty