Feu Chatterton - L'oiseleur

L’oiseleur


Un album de sorti en chez .

9

La mue des poètes.

Feu! Chatterton c’est l’histoire d’une ascension fulgurante ayant traversé l’année 2015 comme sur un nuage, ou plus précisément une comète. S’appuyant sur une esthétique travaillée, maniant à merveille littérature et rock saturé, et surtout assumant à merveille tout cela sur scène, le groupe français aura fait étalage de nombreuses qualités. Alors, nous voilà au fameux écueil de l’album qui suit, l’étape “casse gueule” par excellence… Nous mêmes sommes fébriles quant à l’idée de perdre la magie que l’on a ressentie à la découverte du groupe.

Premier élément d’analyse, “L’Oiseleur” est loin d’être une redite ou un version boostée de “Ici Le Jour (a tout enseveli)”. Presque exit les guitares, l’opus se veut bien moins étiquetable, nous voilà avec entre les oreilles un objet bien plus impalpable. Jusqu’aux textes, grande singularité de leur succès, le groupe s’essaie à quelque chose de plus intérieur, épuré et discret. En revanche, les amis ont clairement “lâché les chevaux” sur les compositions. Comme évoqué en amont, sans partir dans tous les sens, “L’oiseleur” profite d’une orchestration d’une toute autre ambition. Ne serait-ce que sur Tes Yeux Verts, vous trouverez une ambiance plus travaillée. C’est cela qui ressort de nos écoutes, peut-être un peu trop influencées par le désire de comparer avec le disque précédent du groupe.

Par iconoclastie, peur de l’ennui, intégrité artistique ou par hasard, qui sait, le groupe change presque tout, si ce n’est la voix et le dandysme communicatif d’Arthur. N’allez pas chercher le “dancefloor” d’un Boeing Boeing ou le théâtralisme d’une Malinche, vous trouverez par contre de superbes odes très personnelles du genre Anna, des compositions musicales qui n’auront pas fini de dévoiler tous leurs mystères et influences à la dixième écoute. Mais attention, n’y voyez aucunement une forme de snobisme de “groupe a succès”, la pop directe de Souvenir suffisant à nous situer sa démarche, tout entière guidée par la passion. Car il y a de toute évidence une grande part de passion communicative dans ce disque, la certitude d’avoir quelque chose d’intéressant à dire, avec humilité soit, mais aussi un vrai talent assumé. Que demander de plus à un artiste que de nous communiquer sa passion ?

On sort de ce disque comme d’un grand film, il y a un je-ne-sais-quoi de cinématographique dans les ambiances, heureux, un peu plus légers mais avec l’envie furieuse d’y retourner, histoire d’en glaner tous les petits détails. Nous avons aimé chaque seconde de cet album, sans exception, toutes sont intenses et il nous tarde d’en voir leur traduction scènique.

Webmaster

La disco de Feu! Chatterton